Face à une concurrence internationale accrue, l’Europe cherche à (re)conquérir sa souveraineté et sa compétitivité dans le domaine spatial.
Sa priorité est de renforcer sa souveraineté dans le domaine militaire, de maintenir son excellent niveau de recherche et de développer sa compétitivité commerciale.
La France est le premier pays spatial d’Europe et son écosystème de start-ups, soutenu par le CNES, se montre aujourd’hui très dynamique.
L'European Space Act favoriserait le développement d'un spatial raisonné en Europe et empêcherait les acteurs extra-européens de mener des activités commerciales déraisonnables sur le continent.
Un financement et un pilotage des grands programmes spatiaux par la Commission européenne permettraient de viser une meilleure compétitivité européenne.
analyste en stratégie des politiques scientifiques, technologiques et d'innovation
Mostafa Hassanalian
professeur agrégé au département de génie mécanique de l'université New Mexico Tech
En bref
En 1967, le Traité de l’espace signé par les grandes puissances affirme que l’espace est un bien commun de l’humanité, puis, en 1979, l’Accord sur la Lune stipule l’absence de la propriété des ressources.
Or, l’exemple du programme Artémis de la NASA montre que ce cadre est réinterprété et complété à mesure que les activités spatiales commerciales se développent.
La croissance de l’économie spatiale repose sur une concurrence dans les technologies critiques et émergentes (CET), comme l’IA, les semi-conducteurs, l’informatique quantique, les services cloud, les drones, etc.
Avant toute chose, le leadership technologique dépend de l’investissement dans le capital humain.
Trois grands défis structurent le secteur spatial : repenser la formation, attirer des capitaux dans un secteur à risque et permettre l’accès aux infrastructures grâce à des partenariats intersectoriels.
L’effet photovoltaïque, qui exploite les rayons du soleil pour en faire de l’électricité, intéresse de plus en plus le secteur du spatial.
Au départ, la technologie photovoltaïque n’était compétitive que pour le secteur du spatial, même si l’idée d’utiliser les panneaux sur Terre était déjà présente.
La plupart des satellites en orbite autour de la Terre sont aujourd’hui équipés de panneaux photovoltaïques, la source d’énergie spatiale la plus compétitive.
Parmi les innovations du spatial qui pourraient être utiles sur Terre, on compte le fait que le photovoltaïque devient aujourd’hui ultraléger, performant et pliable.
Aujourd’hui, le coût des cellules pour le spatial s’élève à environ 300 € par watt, contre 10-20 centimes d’euros pour le terrestre.