avocat au Barreau de Paris, professeur à l’Université Toulouse-Capitole et à HEC Paris
En bref
Au total, cinq conventions et leurs principes constituent aujourd’hui une base juridique solide, admise par tous et dont l’autorité est, à ce jour, incontestée.
Le traité de l’Espace interdit les revendications de souveraineté par un État, mais il ne dit rien sur la propriété privée.
Les accords Artemis sont un instrument juridique dont la signature conditionne la coopération des États avec les États-Unis et énonce un ensemble de principes nouveaux desquels est inscrit la propriété privée dans l’espace.
L’adoption de normes techniques internationales est essentielle au développement des activités spatiales afin de développer une l’interopérabilité des équipements.
Officiellement, l’espace n’est pas un théâtre d’hostilités, mais il est déjà fortement militarisé, notamment par des satellites de surveillance.
général de division aérienne, ancien commandant de l'espace, de l'armée de l'Air et de l'Espace
En bref
En 2018, la manœuvre clandestine du satellite russe Louch-Olymp en 2017 à proximité du satellite militaire franco-italien Athena-Fidus était rendue publique.
En 2019, confrontée à de multiples menaces, la France a officiellement intégré l’espace comme un domaine d’action militaire dans sa doctrine.
On observe aujourd’hui des comportements inamicaux dans l’espace autour du Moyen-Orient, de la mer Noire, de l’Ukraine ou du côté de la mer Baltique.
En France, le CDE a pour mission de maintenir et perfectionner les services spatiaux militaires, et de protéger les capacités françaises en cas d’agression, y compris en combattant dans l’espace.
La stratégie française ne vise pas à détruire des satellites hostiles, mais plutôt à développer des moyens d’action non cinétiques, comme des lasers ou des brouilleurs.
directeur de la stratégie du Centre national d'études spatiales
En bref
L’industrie spatiale européenne est aujourd’hui bien développée, tant dans le domaine des lanceurs et des satellites que dans celui des applications spatiales.
Face aux acteurs majeurs du secteur (États-Unis) l’Europe souffre de la fragmentation de son industrie et doit défendre son autonomie stratégique et renforcer ses capacités.
L’Europe souffre également d’un manque de financements privés dans le domaine spatial.
Environ 40 % du chiffre d'affaires de l’industrie spatiale européenne provient du secteur commercial, un pourcentage bien plus élevé qu’aux États-Unis.
L’Europe dispose d’atouts majeurs pour rester une grande puissance spatiale mondiale : un excellent système de formation, des industriels performants, etc.
La Chine est aujourd’hui une puissance spatiale mondiale, et notamment la seule nation avec les E-U à avoir réussi à poser un rover sur Mars, et à le faire se déplacer.
Toutefois, des efforts d’investissement sont encore nécessaires pour rivaliser avec les E-U : l’enveloppe chinoise s’élève à 20 milliards de dollars pour l’ensemble du spatial.
Si les acteurs privés représentent un atout dans les stratégies spatiales, la plupart des acteurs chinois sont fortement soumis au contrôle de l’État et aux choix politiques.
La Chine cherche actuellement en priorité à utiliser les ressources sur la Lune selon le principe de l’ISRU (In Situ Resource Utilization), pour contribuer au fonctionnement de ses installations.
Aujourd’hui, la Chine poursuit des objectifs clairs : envoyer un citoyen chinois sur la Lune, mettre sur pied une base scientifique d’exploration, etc.