président de la commission scientifique « Études spatiales de la surface terrestre, météorologie et climat » du COSPAR, anciennement conseiller principal à l'ESA
Audrey Hasson
docteure en océanographie physique et directrice exécutive de l’initiative GEO Blue Planet
François Galgani
scientifique senior à l’Ifremer, spécialiste de l’environnement marin et de la pollution
En bref
Entre 1950 et 2017, environ 9,2 milliards de tonnes de plastique ont été produites et 7 milliards de tonnes sont devenues des déchets.
En 2021, le total accumulé dans les océans serait de 75 à 199 millions de tonnes de plastique, ce qui représente plus de 80% du nombre de débris présents dans les systèmes aquatiques.
Trois techniques sont utilisées par les scientifiques pour quantifier les débris plastiques et leurs mouvements : les modèles numériques, les mesures in situ et la surveillance satellite.
Il est possible de détecter, selon la résolution de l’appareil, des amas de plastique d’une surface minimale de 5 m2 grâce aux satellites.
Le « plastics index » est un nouvel indicateur basé sur le reflet d’un objet face à la lumière, ce qui permet d’en tirer la signature spectrale du plastique.
professeure de sciences de l'environnement à l'Université de Gothenburg
Baptiste Monsaingeon
maître de conférence à l’Université Reims Champagne-Ardenne
Florian Pohl
directeur du groupe de recherche Emmy Noether à l'Université de Bayreuth
En bref
Le recyclage du plastique est un enjeu identifié comme majeur par le gouvernement français, afin d’améliorer les connaissances et techniques en vue de sa réutilisation.
Selon un rapport, jusqu’à 16 000 différents produits chimiques peuvent être utilisés dans le plastique, dont un certain nombre sont potentiellement nocifs.
En France, moins d’un tiers des déchets plastiques post-consommation est collecté, et seulement 14 % d’entre eux sont effectivement recyclés.
La réutilisation du plastique heurte à des limitations techniques : impossibilité de trier certains matériaux, problèmes environnementaux, manque de connaissances...
Pour un recyclage plus efficace, il s’agit de réduire les types de plastique utilisés à ceux qu’on sait recycler, limiter le nombre de produits chimiques utilisés, etc.
docteure en biologie et chroniqueuse chez Polytechnique Insights
En bref
390 millions de tonnes de plastiques ont été produites en 2021, dont la majorité sera vraisemblablement reversée dans l’environnement.
Si les plastiques sont des polluants pour la majorité des êtres vivants, certaines bactéries et champignons ont acquis la capacité d’en faire une source d’énergie.
La biologie de synthèse est un des outils qui pourraient permettre de limiter la pollution liée à la production et à l’utilisation des plastiques.
Elle propose notamment d’appliquer les méthodes de l’ingénierie à la biologie moléculaire de façon à « optimiser le vivant ».
Conjuguer la biologie de synthèse à ces micro-organismes pourrait constituer une solution pour le recyclage des plastiques.