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Batteries : les enjeux autour du stockage d'énergie se multiplient

Quel avenir pour le stockage de l’énergie et les réseaux décentralisés ?

avec Patricia Crifo, Professeure d’économie à l’École polytechnique (IP Paris), Ao Li, étudiant en Master à l'École polytechnique (IP Paris), Wenrui Dai, étudiant en Master à l'École polytechnique (IP Paris) et Inès Glangeaud, étudiante en Master à l'École polytechnique (IP Paris)
Le 27 novembre 2024 |
9 min. de lecture
Patricia Crifo
Patricia Crifo
Professeure d’économie à l’École polytechnique (IP Paris)
Ao Li
Ao Li
étudiant en Master à l'École polytechnique (IP Paris)
Wenrui Dai
Wenrui Dai
étudiant en Master à l'École polytechnique (IP Paris)
Inès Glangeaud
Inès Glangeaud
étudiante en Master à l'École polytechnique (IP Paris)
En bref
  • Les systèmes de stockage d’énergie sont indispensables pour stabiliser les réseaux électriques, capturer l'énergie excédentaire et atténuer l'intermittence inhérente à la production d'énergie renouvelable.
  • Lors de la COP29, l’urgence d’accroître la capacité de stockage de l’énergie et de moderniser l’infrastructure des réseaux a été soulignée.
  • Les installations cumulées de stockage de l’énergie au niveau mondial sont à la hausse ces dernières années grâce à un soutien politique fort et à des avancées technologiques.
  • Les réseaux décentralisés sont primordiaux car ils soutiennent la production locale d'électricité et réduisent la dépendance à l'égard de l'infrastructure centrale.
  • Des avancées technologiques récentes comme les GESS ou les batteries redox vanadium jouent un rôle significatif dans le renforcement de la résilience énergétique.

Le sto­ckage de l’éner­gie joue un rôle essen­tiel dans le ren­for­ce­ment de la rési­lience des réseaux et dans le pas­sage aux sources d’éner­gie renou­ve­lables. Qu’il s’a­gisse de tech­no­lo­gies éta­blies comme les bat­te­ries lithium-ion et sodium-soufre ou de solu­tions de pointe comme les bat­te­ries redox vana­dium, ces sys­tèmes sont indis­pen­sables pour sta­bi­li­ser les réseaux élec­triques, cap­tu­rer l’éner­gie excé­den­taire et atté­nuer l’in­ter­mit­tence inhé­rente à la pro­duc­tion d’éner­gie renouvelable.

Lors de la COP29, les diri­geants mon­diaux ont sou­li­gné l’ur­gence d’ac­croître la capa­ci­té de sto­ckage de l’éner­gie et de moder­ni­ser l’in­fra­struc­ture des réseaux afin de créer un sys­tème éner­gé­tique robuste et résis­tant au chan­ge­ment cli­ma­tique. Les ini­tia­tives visant à pro­mou­voir les réseaux décen­tra­li­sés, l’a­dop­tion de bat­te­ries de flux et l’in­té­gra­tion de sys­tèmes de sto­ckage hybrides mettent en évi­dence le poten­tiel de trans­for­ma­tion des tech­no­lo­gies de sto­ckage de l’éner­gie pour façon­ner un ave­nir éner­gé­tique durable.

Stocker l’énergie

Le sto­ckage de l’éner­gie englobe diverses tech­no­lo­gies conçues pour cap­tu­rer, conser­ver et libé­rer l’éner­gie en fonc­tion des besoins, ce qui per­met une plus grande flexi­bi­li­té et une plus grande fia­bi­li­té dans la ges­tion des flux d’éner­gie1. Le réseau élec­trique, défi­ni comme un réseau com­plet de sys­tèmes de pro­duc­tion, de trans­mis­sion et de dis­tri­bu­tion, s’ap­puie sur ces solu­tions de sto­ckage pour main­te­nir la sta­bi­li­té et syn­chro­ni­ser l’offre avec la demande en temps réel.

Ins­tal­la­tions cumu­lées de sto­ckage d’éner­gie dans le monde, 2015–2030. Note : « Mémoire tam­pon » repré­sente les mar­chés et les cas d’u­ti­li­sa­tion que Bloom­ber­gNEF n’est pas en mesure de pré­voir en rai­son d’un manque de visi­bi­li­té (Source : BloombergNEF.)

Le gra­phique ci-des­sus illustre les ins­tal­la­tions cumu­lées de sto­ckage d’éner­gie au niveau mon­dial entre 2015 et 2030, mon­trant une ten­dance signi­fi­ca­tive à la hausse, qui est due à un sou­tien poli­tique fort et à des avan­cées tech­no­lo­giques, en par­ti­cu­lier dans des régions et des pays comme les États-Unis, la Chine et l’Eu­rope. Tou­te­fois, il est impor­tant de noter que les don­nées sont basées sur les pré­vi­sions de 2021 et qu’elles pour­raient ne pas reflé­ter entiè­re­ment les évo­lu­tions ou les chan­ge­ments récents du marché.

Les méthodes de sto­ckage de l’éner­gie com­prennent les sys­tèmes élec­tro­chi­miques tels que les bat­te­ries lithium-ion et sodium-soufre, les sys­tèmes méca­niques comme le pom­page de l’eau et le sto­ckage de l’air com­pri­mé, le sto­ckage élec­tro­ma­gné­tique tel que le sto­ckage de l’éner­gie magné­tique supra­con­duc­trice et les super­con­den­sa­teurs, le sto­ckage ther­mique avec les sels fon­dus et les maté­riaux à chan­ge­ment de phase, ain­si que le sto­ckage de l’hy­dro­gène2. Chaque approche joue un rôle dis­tinct dans l’a­mé­lio­ra­tion de l’ef­fi­ca­ci­té et de la rési­lience du réseau.

Eddie Rich, PDG de l’As­so­cia­tion inter­na­tio­nale de l’hy­dro­élec­tri­ci­té, déclare que « le manque de sto­ckage de l’éner­gie à long terme a été, jus­qu’à pré­sent, un enjeu igno­ré de la crise éner­gé­tique actuelle. C’est la pre­mière fois que les diri­geants mon­diaux recon­naissent la néces­si­té d’un mélange d’éner­gies renou­ve­lables, plu­tôt que d’un simple volume3. » La COP29, qui s’est tenue à Bakou, en Azer­baïd­jan, du 11 au 22 novembre 2024, met for­te­ment l’ac­cent sur l’a­van­ce­ment de l’in­fra­struc­ture du réseau et du sto­ckage de l’éner­gie en tant qu’­élé­ments essen­tiels de la tran­si­tion vers une éner­gie à faible teneur en car­bone. Lors de la COP29, le Glo­bal Ener­gy Sto­rage and Grids Pledge s’est fixé l’ob­jec­tif ambi­tieux d’at­teindre 1 500 GW d’i­ci 2030, soit six fois plus qu’en 2022, et de déve­lop­per ou de moder­ni­ser plus de 80 mil­lions de kilo­mètres de réseaux élec­triques d’i­ci 20404.

Capa­ci­té mon­diale de sto­ckage d’éner­gie ins­tal­lée en 2023, en 2030 dans le cadre du scé­na­rio des poli­tiques actuelles et en 2030 dans le cadre d’un scé­na­rio d’é­mis­sions nettes nulles com­pa­tible avec une hausse de tem­pé­ra­ture maxi­mum de 1,5 °C. Le vio­let clair repré­sente les bat­te­ries à l’é­chelle des ser­vices publics, le vio­let fon­cé les bat­te­ries der­rière le comp­teur et l’o­range l’hy­dro­élec­tri­ci­té par pom­page (Source : AIE).

La réa­li­sa­tion d’é­mis­sions nettes zéro au niveau mon­dial dépend de l’ex­pan­sion rapide du sto­ckage de l’éner­gie, une prio­ri­té sou­li­gnée par les diri­geants de la COP29 qui ont recon­nu son rôle essen­tiel dans l’a­van­ce­ment d’un ave­nir éner­gé­tique propre. De nom­breuses nations et entre­prises se sont enga­gées à déployer des solu­tions de sto­ckage d’éner­gie de pointe. La Glo­bal Rene­wables Alliance a notam­ment fixé un objec­tif ambi­tieux de 8 000 GW de sto­ckage de longue durée d’i­ci 2040, en pré­co­ni­sant des inves­tis­se­ments dans des tech­no­lo­gies telles que les bat­te­ries de flux pour amé­lio­rer la sta­bi­li­té du réseau et sou­te­nir l’in­té­gra­tion des éner­gies renou­ve­lables5.

GW ou GWh ?

Le watt est une uni­té de puis­sance qui mesure le taux auquel l’éner­gie est uti­li­sée ou pro­duite à un moment don­né, c’est la quan­ti­té d’éner­gie consom­mée ou géné­rée par uni­té de temps, sans tenir compte de la durée. Le watt­heure est une uni­té d’éner­gie qui prend en compte à la fois la puis­sance et le temps (durée d’u­ti­li­sa­tion), c’est une mesure cumu­la­tive, repré­sen­tant l’éner­gie totale uti­li­sée sur une cer­taine période. Si un appa­reil élec­trique de 1 watt fonc­tionne pen­dant une heure, il consomme 1 watt­heure d’éner­gie. Un GW cor­res­pond à un mil­liard de watts. A l’é­chelle d’une année, pour pas­ser des GWh au GW, on divise la valeur en GWh par le nombre d’heures de l’an­née (8 760 heures)6. Concrè­te­ment, si la consom­ma­tion annuelle totale d’élec­tri­ci­té aux États-Unis est de 3,84 mil­lions de giga­watt­heures (GWh), la consom­ma­tion moyenne approxi­ma­tive d’élec­tri­ci­té aux USA sera d’en­vi­ron 438 GW cette année-là (EIA, 2020).

Décentralisation des réseaux

Les réseaux décen­tra­li­sés uti­lisent des res­sources éner­gé­tiques dis­tri­buées (DER) telles que des pan­neaux solaires et des éoliennes, qui peuvent fonc­tion­ner de manière indé­pen­dante et être reliées au réseau prin­ci­pal. Cette flexi­bi­li­té ren­force la rési­lience éner­gé­tique, en sou­te­nant la pro­duc­tion locale d’élec­tri­ci­té et en rédui­sant la dépen­dance à l’é­gard de l’in­fra­struc­ture cen­trale7.

Le sto­ckage de l’éner­gie est essen­tiel pour gérer la varia­bi­li­té des sources renou­ve­lables telles que le solaire et l’éo­lien, ain­si que pour faire pro­gres­ser la décen­tra­li­sa­tion du réseau, en sto­ckant l’éner­gie excé­den­taire pen­dant les pics de pro­duc­tion et en garan­tis­sant un appro­vi­sion­ne­ment constant pen­dant les périodes de baisse de la pro­duc­tion. En rem­plis­sant ces fonc­tions, il sta­bi­lise les réseaux élec­triques et faci­lite l’in­té­gra­tion trans­pa­rente des éner­gies renou­ve­lables, ce qui per­met d’ac­cé­lé­rer leur adop­tion8.

Lors de la COP29, le Glo­bal Ener­gy Sto­rage and Grids Pledge s’est fixé pour objec­tif d’at­teindre une capa­ci­té de sto­ckage mon­diale de 1 500 GW d’i­ci à 2030, dont 1 200 GW de sto­ckage par bat­te­rie, afin de sou­te­nir les sys­tèmes éner­gé­tiques décen­tra­li­sés9. En com­plé­ment de cet effort, le Green Ener­gy Zones and Cor­ri­dors Pledge vise à déve­lop­per des zones d’éner­gie renou­ve­lable équi­pées de solu­tions de sto­ckage inté­grées, afin d’ac­cé­lé­rer encore la tran­si­tion vers l’éner­gie durable.

Avancées technologiques

Les récentes per­cées dans le domaine du sto­ckage de l’éner­gie ont démon­tré leur rôle signi­fi­ca­tif dans le ren­for­ce­ment de la rési­lience éner­gé­tique. La COP29 a men­tion­né de nom­breuses inno­va­tions en matière de solu­tions de sto­ckage de l’éner­gie, cha­cune avec des approches uniques pour sou­te­nir l’in­té­gra­tion des éner­gies renouvelables.

#1 Solu­tions de sto­ckage d’éner­gie par gra­vi­té (Glo­bal Ener­gy Sto­rage Solu­tions Bat­te­ry AB, [GESS]) : Déve­lop­pé par Ener­gy Vault, GESS uti­lise l’éner­gie renou­ve­lable excé­den­taire pour sou­le­ver des blocs lourds, qui sont abais­sés pour pro­duire de l’élec­tri­ci­té en cas de forte demande. Opé­ra­tion­nel en Chine depuis mai 2024, le GESS est évo­lu­tif, adap­table et peut s’in­té­grer dans des bâti­ments de grande taille, ce qui pour­rait réduire l’empreinte car­bone des villes10.

#2 Sto­ckage géo­ther­mique géo­pres­su­ré : Qua­li­fiée de « bat­te­rie en terre » par Sage Geo­sys­tems, cette tech­no­lo­gie stocke l’eau sous terre et uti­lise la pres­sion pour action­ner des tur­bines afin de pro­duire de l’élec­tri­ci­té. Durable et effi­cace, elle devrait être connec­tée au réseau d’i­ci la fin de l’an­née11.

#3 Sto­ckage de CO₂ com­pri­mé : La méthode d’E­ner­gy Dome consiste à com­pri­mer le CO₂ en liquide pour le sto­cker à haute den­si­té éner­gé­tique, puis à l’u­ti­li­ser pour action­ner des tur­bines. Avec une ins­tal­la­tion pilote en Sar­daigne et des déploie­ments à plus grande échelle pré­vus, cette approche mini­mise l’im­pact sur l’en­vi­ron­ne­ment12.

#4 Bat­te­ries à flux : Évo­lu­tives et pra­tiques, les bat­te­ries à flux comme les bat­te­ries redox vana­dium stockent l’éner­gie dans des élec­tro­lytes liquides à l’in­té­rieur de réser­voirs externes, ce qui per­met d’aug­men­ter indé­pen­dam­ment les capa­ci­tés de puis­sance et d’éner­gie. Durables, néces­si­tant peu d’en­tre­tien et sûres, elles s’a­lignent sur les objec­tifs de la COP29 en matière de sto­ckage de l’énergie.

#5 Réac­tions d’oxy­do­ré­duc­tion : Les bat­te­ries redox vana­dium stockent l’éner­gie grâce aux ions vana­dium qui changent d’é­tat d’oxy­da­tion dans les élec­tro­lytes liquides. Pen­dant la charge, V³⁺ s’oxyde en V⁴⁺ du côté de l’a­no­lyte, et V⁵⁺ se réduit en V²⁺ du côté du catho­lyte, s’in­ver­sant pen­dant la décharge pour libé­rer de l’éner­gie13.

#6 Aper­çu du mar­ché : Le mar­ché des bat­te­ries redox vana­dium, éva­lué à 394,7 mil­lions de dol­lars en 2023, devrait croître à un taux de crois­sance annuel com­po­sé de 19,7 % de 2024 à 2030, sous l’ef­fet de l’ex­pan­sion des éner­gies renou­ve­lables en Amé­rique du Nord, en Europe et en Asie-Paci­fique14.

Intégration dans le réseau intelligent

Andreas Schie­ren­beck, PDG d’Hi­ta­chi Ener­gy, déclare que « l’ex­pan­sion et la moder­ni­sa­tion des réseaux élec­triques et le déploie­ment du sto­ckage de l’éner­gie, ain­si que d’autres tech­no­lo­gies clés, sont désor­mais essen­tiels pour le sys­tème éner­gé­tique mon­dial15 ». Les réseaux intel­li­gents sont des sys­tèmes éner­gé­tiques avan­cés conçus pour opti­mi­ser la dis­tri­bu­tion d’éner­gie et amé­lio­rer la fia­bi­li­té du réseau16. Le sto­ckage de l’éner­gie est une pierre angu­laire de ces sys­tèmes, car il per­met de cap­tu­rer et de conser­ver l’éner­gie excé­den­taire pro­ve­nant de sources renou­ve­lables variables telles que le vent et le soleil. Cette inté­gra­tion ren­force la sta­bi­li­té du réseau, favo­rise une uti­li­sa­tion effi­cace de l’éner­gie et équi­libre l’offre et la demande17.

En atté­nuant les fluc­tua­tions de la pro­duc­tion d’éner­gie renou­ve­lable et en garan­tis­sant une ali­men­ta­tion élec­trique régu­lière pen­dant les périodes de forte demande, le sto­ckage de l’éner­gie amé­liore consi­dé­ra­ble­ment la rési­lience du réseau. En outre, il réduit la dépen­dance à l’é­gard du trans­port d’élec­tri­ci­té sur de longues dis­tances, mini­mi­sant ain­si les pertes d’énergie.

Lors de la COP29, le rôle vital du sto­ckage de l’éner­gie dans l’ac­cé­lé­ra­tion de l’in­té­gra­tion des éner­gies renou­ve­lables a été lar­ge­ment sou­li­gné. La Com­mis­sion euro­péenne, dans le cadre de son Fonds pour l’in­no­va­tion, a accor­dé 4,8 mil­liards d’eu­ros de sub­ven­tions à 85 pro­jets pion­niers d’éner­gie nette zéro18. Par­mi ceux-ci figure un sys­tème de sto­ckage d’éner­gie hybride en France qui com­bine des bat­te­ries lithium-ion et des bat­te­ries redox vana­dium, inté­grées à un parc solaire pho­to­vol­taïque à grande échelle. Cette ini­tia­tive vise à ren­for­cer la sta­bi­li­té du réseau et à faire pro­gres­ser les objec­tifs de décar­bo­ni­sa­tion de l’UE.

Résilience climatique

Le sto­ckage de l’éner­gie est essen­tiel pour garan­tir la rési­lience de l’ap­pro­vi­sion­ne­ment en élec­tri­ci­té, en par­ti­cu­lier lors d’é­vé­ne­ments météo­ro­lo­giques extrêmes ou de per­tur­ba­tions inat­ten­dues. En tenant compte de la varia­bi­li­té inhé­rente aux sources d’éner­gie renou­ve­lables, ces sys­tèmes sta­bi­lisent le réseau, font pro­gres­ser les objec­tifs de réduc­tion des émis­sions de car­bone et four­nissent un sou­tien essen­tiel pour évi­ter les pannes d’élec­tri­ci­té pro­lon­gées en cas de crise.

Bien qu’a­bon­dantes, les sources d’éner­gie renou­ve­lables telles que le solaire et l’éo­lien posent des pro­blèmes de sta­bi­li­té du réseau. Le sto­ckage de l’éner­gie atté­nue ces pro­blèmes en cap­tu­rant l’éner­gie excé­den­taire géné­rée pen­dant les jour­nées enso­leillées ou ven­teuses et en la libé­rant pen­dant les périodes de faible pro­duc­tion, comme un ciel cou­vert ou sans vent. Cela per­met d’as­su­rer une ali­men­ta­tion élec­trique régu­lière et fiable sans com­pro­mettre la fia­bi­li­té du système.

En outre, le sto­ckage de l’éner­gie consti­tue une double solu­tion aux défis cli­ma­tiques : il contri­bue à l’at­té­nua­tion du cli­mat en faci­li­tant l’a­dop­tion des éner­gies renou­ve­lables et à l’a­dap­ta­tion en ren­for­çant la rési­lience du réseau contre les per­tur­ba­tions induites par le cli­mat. Encou­ra­ger les par­ti­ci­pants à la COP29 à don­ner la prio­ri­té aux inves­tis­se­ments dans le sto­ckage de l’éner­gie pour­rait favo­ri­ser une prise de conscience mon­diale, sti­mu­ler des dis­cus­sions signi­fi­ca­tives et créer un pré­cé­dent trans­for­ma­teur pour les futures poli­tiques énergétiques.

COP29 et au-delà

Depuis la COP28, des avan­cées signi­fi­ca­tives ont été réa­li­sées dans le domaine du sto­ckage de l’éner­gie, sou­li­gnant son rôle essen­tiel dans la tran­si­tion mon­diale vers les éner­gies renou­ve­lables et la rési­lience cli­ma­tique. Les per­cées réa­li­sées dans des tech­no­lo­gies telles que le GESS chi­nois et les bat­te­ries redox vana­dium ont conso­li­dé le sto­ckage de l’éner­gie en tant que pierre angu­laire des solu­tions éner­gé­tiques futures. S’ap­puyant sur des enga­ge­ments anté­rieurs, de nou­velles ini­tia­tives fixent des objec­tifs ambi­tieux pour faire pro­gres­ser les tech­no­lo­gies de sto­ckage, les inté­grer dans les zones d’éner­gie renou­ve­lable et pro­mou­voir les réseaux décen­tra­li­sés paral­lè­le­ment aux sys­tèmes de bat­te­ries de nou­velle génération.

Les chan­ge­ments poli­tiques obser­vés entre la COP28 et la COP29 sont tout aus­si trans­for­ma­teurs. L’ob­jec­tif ambi­tieux d’at­teindre 1 500 GW de capa­ci­té mon­diale de sto­ckage d’éner­gie d’i­ci 2030, asso­cié à des plans visant à moder­ni­ser 80 mil­lions de kilo­mètres de réseaux élec­triques d’i­ci 2040, reflète une confiance crois­sante et une déter­mi­na­tion col­lec­tive à réa­li­ser un ave­nir plus propre et plus durable.

À l’a­ve­nir, l’in­té­gra­tion conti­nue du sto­ckage de l’éner­gie dans les sys­tèmes d’éner­gie renou­ve­lable sera pri­mor­diale pour par­ve­nir à un déve­lop­pe­ment durable et résoudre la crise cli­ma­tique mon­diale. Le suc­cès ne se limite pas à la rhé­to­rique, il exige une action col­lec­tive déci­sive. Un ave­nir propre et rési­lient ne vien­dra pas à nous ; c’est quelque chose que nous devons acti­ve­ment construire ensemble.

1Moghi­mian Hoosh, S., Ouer­dane, H., Ter­zi­ja, V., & Pozo, D. (2023). Asses­sing the value of ener­gy sto­rage sys­tems for dis­tri­bu­tion grid appli­ca­tions. arXiv, 2307.09380.
2Luo, X., Wang, J., Doo­ner, M. et Clarke, J. (2015). Over­view of cur­rent deve­lop­ment in elec­tri­cal ener­gy sto­rage tech­no­lo­gies and the appli­ca­tion poten­tial in power sys­tem ope­ra­tion (Aper­çu du déve­lop­pe­ment actuel des tech­no­lo­gies de sto­ckage de l’éner­gie élec­trique et du poten­tiel d’ap­pli­ca­tion dans l’ex­ploi­ta­tion du sys­tème élec­trique). Applied Ener­gy, 137, 511–536.
3Rich, Eddie. « Le manque de sto­ckage d’éner­gie à long terme a été, jus­qu’à pré­sent, la crise igno­rée dans la crise éner­gé­tique actuelle. C’est la pre­mière fois que les diri­geants mon­diaux recon­naissent la néces­si­té d’un mélange d’éner­gies renou­ve­lables, plu­tôt que d’un simple volume. » Asso­cia­tion inter­na­tio­nale de l’hy­dro­élec­tri­ci­té, COP29, 2024. Consul­té le 19 novembre 2024. https://​www​.hydro​po​wer​.org/​n​e​w​s​/​c​o​p​2​9​-​g​l​o​b​a​l​-​e​n​e​r​g​y​-​s​t​o​r​a​g​e​-​t​a​r​g​e​t​-​a​-​s​t​r​o​n​g​-​f​i​r​s​t​-step.
4Cli­mate Change News. (2024, 19 sep­tembre). La COP29 vise à sti­mu­ler le sto­ckage des bat­te­ries et les réseaux pour les éner­gies renou­ve­lables alors que les pro­messes se mul­ti­plient. https://​www​.cli​ma​te​chan​ge​news​.com/​2​0​2​4​/​0​9​/​1​9​/​c​o​p​2​9​-​a​i​m​s​-​t​o​-​b​o​o​s​t​-​b​a​t​t​e​r​y​-​s​t​o​r​a​g​e​-​a​n​d​-​g​r​i​d​s​-​f​o​r​-​r​e​n​e​w​a​b​l​e​s​-​a​s​-​p​l​e​d​g​e​s​-​p​r​o​l​i​f​e​rate/
5Alliance mon­diale pour les éner­gies renou­ve­lables. (2024). L’Al­liance mon­diale pour les éner­gies renou­ve­lables sou­tient l’en­ga­ge­ment de la COP29 en faveur du sto­ckage de l’éner­gie et appelle à un objec­tif de 8 000 GW pour le sto­ckage de l’éner­gie de longue durée d’i­ci à 2040.
6https://www.connaissancedesenergies.org/questions-et-reponses-energies/unites-de-mesure-quoi-correspond-un-wattheure-et-ses-multiples-kwh-mwh-gwh-twh#:~:text=Un%20gigawattheure%20%28GWh%29%20correspond%20%C3%A0%20un%20milliard%20de,%C3%A9lectrique%2C%20ou%20d%27un%20parc%20de%20production%20%C3%A0%20l%27ann%C3%A9e.
https://​www​.car​bon​col​lec​tive​.co/​s​u​s​t​a​i​n​a​b​l​e​-​i​n​v​e​s​t​i​n​g​/​g​i​g​a​w​a​tt-gw
7Just Ener­gy. (2023). Décen­tra­li­sa­tion et éner­gie : What It Means for Our Future. Tiré de Just Ener­gy.
8Sig­ma Earth. (2023). L’a­ve­nir de l’éner­gie élec­trique : Smart Grids & Decen­tra­li­zed Ener­gy Sys­tems. Récu­pé­ré de Sig­ma Earth.
9Agence inter­na­tio­nale de l’éner­gie (AIE), (2024). Résu­mé des pré­si­dents et appel à l’ac­tion : Dia­logues de haut niveau sur la tran­si­tion éner­gé­tique COP29-AIE. Agence inter­na­tio­nale de l’éner­gie.
10Pedret­ti, A. (2024). Andrea Pedret­ti. TIME. Extrait de https://​time​.com/​7​1​7​2​5​6​8​/​a​n​d​r​e​a​-​p​e​d​r​etti/
11Taff, C. (2024). Cin­dy Taff. TIME. Extrait de https://​time​.com/​7​1​7​2​5​7​6​/​c​i​n​d​y​-​taff/
12Ener­gy Dome. (2024). Ener­gy Dome’s CO₂­Bat­te­ry. https://​www​.ener​gy​dome​.com/
13Rod­by, Kara E., Car­ney, Tho­mas J., Gan­do­mi, Yas­ser A., Bar­ton, John L., Dar­ling, Robert M., et Bru­shett, Fikile R. « Asses­sing the leve­li­zed cost of vana­dium redox flow bat­te­ries with capa­ci­ty fade and reba­lan­cing ». Jour­nal of Power Sources, vol. 460, Else­vier, juin 2020, pp. 227958. Consul­té le 20 novembre 2024.
14Grand View Research. (2024). Vana­dium Redox Flow Bat­te­ry Mar­ket Size, Share & Trends Ana­ly­sis Report By Appli­ca­tion (Ener­gy Sto­rage, Unin­ter­rup­ted Power Sup­ply), By End-use, By Region, And Seg­ment Fore­casts, 2024 – 2030 (Report No. GVR‑4–68040-475–9).
15Schie­ren­beck, Andreas. « L’ex­pan­sion et la moder­ni­sa­tion des réseaux élec­triques et le déploie­ment du sto­ckage de l’éner­gie, ain­si que d’autres tech­no­lo­gies clés, sont désor­mais essen­tiels pour le sys­tème éner­gé­tique mon­dial. » Dis­cours pro­non­cé lors de la COP29, novembre 2024. Hita­chi Ener­gy. Consul­té le 19 novembre 2024. https://​www​.ire​na​.org/​N​e​w​s​/​p​r​e​s​s​r​e​l​e​a​s​e​s​/​2​0​2​4​/​N​o​v​/​G​l​o​b​a​l​-​U​t​i​l​i​t​i​e​s​-​B​a​c​k​-​C​O​P​2​9​-​P​l​e​d​g​e​-​t​o​-​B​o​o​s​t​-​G​r​i​d​s​-​a​n​d​-​S​t​o​r​a​g​e​-​i​n​-​S​t​r​o​n​g​-​I​m​p​l​e​m​e​n​t​a​t​i​o​n​-​S​ignal
16Gun­gor, V. C., Sahin, D., Kocak, T., Ergut, S., Buc­cel­la, C., Ceca­ti, C. et Hancke, G. P. (2011). Tech­no­lo­gies des réseaux intel­li­gents : Com­mu­ni­ca­tion tech­no­lo­gies and stan­dards. IEEE Tran­sac­tions on Indus­trial Infor­ma­tics, 7(4), 529–539.
17Alba­di, M. H. et El-Saa­da­ny, E. F. (2008). A sum­ma­ry of demand res­ponse in elec­tri­ci­ty mar­kets. Elec­tric Power Sys­tems Research, 78 (11), 1989–1996.
18Com­mis­sion euro­péenne. (2024). 4,8 mil­liards d’eu­ros pour 85 pro­jets inno­vants de tech­no­lo­gies propres dans le cadre de la pre­mière sub­ven­tion du Fonds pour l’in­no­va­tion au titre de RePo­we­rEU. Com­mu­ni­qué de presse de la Com­mis­sion euro­péenne. https://​ec​.euro​pa​.eu/​c​o​m​m​i​s​s​i​o​n​/​p​r​e​s​s​c​o​r​n​e​r​/​d​e​t​a​i​l​/​e​n​/​i​p​_​2​4​_5423

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