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Quel risque pour les centrales nucléaires en temps de guerre ?

Karine Herviou
Karine Herviou
directrice générale adjointe chargée du Pôle Sûreté Nucléaire à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)
Najmedin Meshkati
Najmedin Meshkati
professeur d’ingénierie civile/environnementale à l’université de Californie du Sud (USC)
Veronika Ustohalova
Veronika Ustohalova
chercheuse principale, ingénierie nucléaire et sûreté des installations à l’Öko-Institut e.V.
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Olivier Gupta
directeur général de l’ASN et président de l’association WENRA (Western european nuclear regulators association)
En bref
  • Le conflit entre la Russie et l’Ukraine est inédit en matière de sûreté nucléaire : il s’agit du premier conflit armé prenant place dans un pays doté d’un important programme nucléaire. L'Ukraine tire en effet environ 50 % de son énergie de la fission.
  • Une centrale peut être endommagée de plusieurs façons : missiles ouvrant une brèche, coupure d’électricité entraînant la fusion des cœurs... ce qui peut avoir des conséquences graves sur la population et la nature environnante.
  • Aucun traité spécifique n’existe afin d’encadrer cette menace. Cependant le Protocole I et II de la Convention de Genève permettent d’inscrire des « normes » de comportement en temps de guerre qui devraient être respectées.
  • Pour minimiser les risques, un des moyens les plus efficaces serait de créer une zone démilitarisée autour des centrales nucléaires afin de protéger les populations.

La récente prise de contrôle de deux sites nucléaires en Ukraine par les forces russes a mis en lumière l’importance de la sur­veillance de ce type d’installations en temps de guerre. Il s’agit du pre­mier conflit armé dans un pays doté d’un impor­tant pro­gramme nucléaire : le pays tire en effet envi­ron 50 % de son éner­gie de la fission.

Les cen­trales nucléaires qui se trouvent dans le monde entier ont été construites en temps de paix, et n’ont donc pas été conçues pour résis­ter à tout type de bom­bar­de­ment. En période de conflit, les dis­po­si­tifs de sur­veillance des radia­tions de ces ins­tal­la­tions peuvent être décon­nec­tés par l’attaquant, ren­dant dif­fi­cile la sur­veillance en temps réel du niveau de radia­tion dans l’environnement en cas de problème.

En Ukraine, le régu­la­teur nucléaire du pays a infor­mé dès les pre­miers jours de l’oc­cu­pa­tion l’Agence inter­na­tio­nale de l’énergie ato­mique (AIEA) de ses dif­fi­cul­tés à com­mu­ni­quer avec le per­son­nel de la cen­trale de Zapo­ri­jia (l’un des sites occu­pé), à la suite de la désac­ti­va­tion de cer­tains réseaux mobiles et du blo­cage d’internet mis en place par les forces russes1. L’AIEA estime que cette situa­tion est contraire à l’un des sept piliers2 de la sûre­té nucléaire.

Les dangers du combustible usé

Une cen­trale nucléaire peut être endom­ma­gée de plu­sieurs façons au cours d’une guerre : des mis­siles peuvent atteindre des équi­pe­ments essen­tiels pour la sûre­té des réac­teurs, ouvrant par exemple une brèche dans l’enceinte de confi­ne­ment du réac­teur et affec­tant les sys­tèmes de refroi­dis­se­ment du cœur, ce qui pro­vo­que­rait une dis­per­sion des matières radio­ac­tives dans une vaste zone géo­gra­phique. De plus, la mise hors ser­vice de l’alimentation en élec­tri­ci­té ou en eau d’un réac­teur nucléaire peut entraî­ner la fusion du cœur des réac­teurs nucléaires (comme cela s’est pro­duit lors de l’accident de Fuku­shi­ma)3. Les réac­teurs de Zapo­ri­jia sont tou­te­fois de concep­tion rela­ti­ve­ment moderne. Contrai­re­ment aux réac­teurs de Tcher­no­byl, ils sont enfer­més dans une cuve en acier pres­su­ri­sée, qui est elle-même logée dans une struc­ture de confi­ne­ment mas­sive en béton pré­con­traint. Une telle struc­ture est très résistante.

Tout dom­mage aux assem­blages de com­bus­tible usé — à la suite d’un bom­bar­de­ment, par exemple — peut entraî­ner une urgence radiologique.

Les réac­teurs nucléaires contiennent du com­bus­tible usé pen­dant leur fonc­tion­ne­ment. Le com­bus­tible usé contient quant à lui une accu­mu­la­tion de pro­duits de fis­sion hau­te­ment radio­ac­tifs, dont l’iode, le césium et le stron­tium. Tout dom­mage aux assem­blages de com­bus­tible usé — à la suite d’un bom­bar­de­ment, par exemple — peut entraî­ner une urgence radio­lo­gique, défi­nie comme une situa­tion pré­sen­tant un risque d’exposition anor­male des tra­vailleurs et de la popu­la­tion vivant à proximité.

Les réac­teurs nucléaires sont abri­tés dans des bâti­ments construits avec des maté­riaux robustes. Ils dis­posent éga­le­ment de plu­sieurs sys­tèmes de sécu­ri­té qui per­mettent d’assurer le refroi­dis­se­ment du cœur, même en cas de perte de cer­tains réac­teurs. Ceci étant dit, ils ont prin­ci­pa­le­ment été conçus pour résis­ter à la chute d’un avion, par exemple, et non pas à des pro­jec­tiles de haute inten­si­té, comme ceux qui sont uti­li­sés en temps de guerre.

Régimes et traités internationaux

La pos­si­bi­li­té d’un risque nucléaire en Ukraine inquiète le Conseil de sécu­ri­té des Nations unies qui a tenu une réunion d’urgence au début du mois de mars. L’ambassadeur amé­ri­cain a décla­ré lors de cette ses­sion que l’attaque de la cen­trale nucléaire de Zapo­ri­jia « consti­tue une menace grave pour le monde »4. En outre, le Conseil des gou­ver­neurs de l’AIEA a adop­té une réso­lu­tion qui condamne l’invasion russe et demande à ce que l’Ukraine puisse reprendre le contrôle de ses ins­tal­la­tions nucléaires. Cette réso­lu­tion était conforme à une réso­lu­tion anté­rieure de l’Assemblée géné­rale des Nations unies5.

Le risque que les ins­tal­la­tions de réac­teurs nucléaires soient atta­quées en temps de guerre est une pré­oc­cu­pa­tion de longue date6 et le régime inter­na­tio­nal rela­tif aux attaques contre les réac­teurs nucléaires et les ins­tal­la­tions asso­ciées7 contient un cer­tain nombre de trai­tés, d’ac­cords et de « normes de conduite ».

Aucun traité spécifique 

Il n’existe pas, non­obs­tant, de trai­té spé­ci­fique, bien que de nom­breuses attaques aient été per­pé­trées contre des réac­teurs au cours des der­nières décen­nies8910. Dès 1956, la Croix-Rouge inter­na­tio­nale avait cepen­dant pro­po­sé une « immu­ni­té d’attaque pour les ins­tal­la­tions », y com­pris les cen­trales nucléaires, lorsque l’at­taque risque de mettre en dan­ger les popu­la­tions civiles. Cette pro­po­si­tion a fina­le­ment don­né lieu à un amen­de­ment au Pro­to­cole I de la Conven­tion de Genève11. De ce fait, même en l’absence de trai­tés, ce pro­to­cole et le Pro­to­cole II12, ain­si que les autres règles men­tion­nées ci-des­sus, inter­disent de telles attaques parce qu’ils ont créé des « normes » de com­por­te­ment inter­na­tio­nal qui devraient être respectées. 

L’AIEA, pour sa part, recon­naît depuis long­temps la néces­si­té d’interdire les attaques armées contre les ins­tal­la­tions nucléaires. En 1987, la confé­rence géné­rale de l’Agence a adop­té une réso­lu­tion concer­nant la pro­tec­tion de ces ins­tal­la­tions. Elle a sou­li­gné que les consé­quences d’un rejet radio­ac­tif seraient très éten­dues — lit­té­ra­le­ment — car elles impac­te­raient les ter­ri­toires à l’intérieur et au-delà des fron­tières du pays atta­qué. Elle a insis­té sur la néces­si­té de par­ve­nir à un accord inter­na­tio­nal sur cette ques­tion13.

Des zones démilitarisées ?

Même si de nom­breux spé­cia­listes ne veulent pas être trop alar­mistes14, les guerres sont impré­vi­sibles. Selon Naj­me­din Mesh­ka­ti15, de l’Université de Cali­for­nie du Sud, le seul moyen d’éviter une catas­trophe est d’établir des zones démi­li­ta­ri­sées autour des cen­trales nucléaires. « L’AIEA, par exemple, devrait deman­der au pays atta­quant de décla­rer une zone d’interdiction de com­bat autour de ces ins­tal­la­tions et, sur­tout, per­mettre aux opé­ra­teurs des cen­trales de faire tour­ner leurs équipes afin qu’elles puissent se repo­ser — car l’erreur humaine est un fac­teur impor­tant dans une telle situa­tion », explique-t-il. « Les opé­ra­teurs, qui consti­tuent la pre­mière et la der­nière ligne de défense de ces ins­tal­la­tions, tra­vaillent dans des condi­tions de stress intense en temps de guerre tout en se pré­oc­cu­pant de leurs familles et de leurs proches et des consé­quences de la guerre. »16.

La cen­trale nucléaire de Zapo­ri­jia, Ukraine (CC : Ralph1969) 

Vero­ni­ka Usto­ha­lo­va17 de l’Öko-Institut en Alle­magne ajoute que l’alimentation élec­trique d’un réac­teur doit être main­te­nue en cas d’attaque, ce qui pour­rait être dif­fi­cile à faire en temps de guerre, afin d’as­su­rer le refroi­dis­se­ment du réac­teur et ain­si évi­ter la fusion du cœur du réac­teur. « Pen­dant un conflit la solu­tion la plus sûre est d’arrêter tous les réac­teurs nucléaires », dit-elle. « Le pro­blème est que, dans les dis­cus­sions sur la sûre­té nucléaire, les conflits vio­lents ou les guerres ont jusqu’à pré­sent été consi­dé­rés comme peu pro­bables ou pas du tout abor­dés », sou­ligne-t-elle. « Il n’existe aucun ensemble de règles inter­na­tio­nales défi­nis­sant les cri­tères selon les­quels les réac­teurs nucléaires situés dans des zones de guerre devraient être arrê­tés. »

Par ailleurs, les normes inter­na­tio­nales pour­raient être dif­fi­ciles à faire res­pec­ter dans la situa­tion où la par­tie qui les viole est une grande puissance.

La sûreté des centrales nucléaires françaises

Sur le plan de la sûre­té nucléaire, Oli­vier Gup­ta, direc­teur géné­ral de l’Au­to­ri­té de sûre­té nucléaire (ASN) et pré­sident de l’As­so­cia­tion des auto­ri­tés de sûre­té nucléaire des pays d’Eu­rope de l’Ouest (WENRA) explique dans un article des Échos publié le 13 mars que « WENRA et d’autres ins­tances inter­na­tio­nales ont pro­po­sé un sou­tien à l’Au­to­ri­té de sûre­té nucléaire ukrai­nienne mais ce n’est pas simple à mettre en œuvre »18.

En cas d’accident grave, il y existe des actions de pro­tec­tion des popu­la­tions qui pour­raient être mises en œuvre : « Ce qui peut conduire à l’ac­ci­dent le plus sévère, avec le plus de rejets dans l’en­vi­ron­ne­ment, c’est un scé­na­rio avec fusion du cœur dans une cen­trale en acti­vi­té. Si l’on se base sur les tra­vaux qui ont été réa­li­sés en 2014, à la suite de l’ac­ci­dent de Fuku­shi­ma, on peut esti­mer qu’en cas d’ac­ci­dent très grave, sans dom­mages sur le bâti­ment réac­teur, il pour­rait être néces­saire d’é­va­cuer la popu­la­tion dans un rayon de cinq kilo­mètres et de mettre à l’a­bri celle rési­dant dans un rayon de 20 kilo­mètres. Si l’on ima­gine, en revanche, un acci­dent avec une perte de l’en­ceinte de confi­ne­ment du réac­teur, on devrait élar­gir ces zones à 20 kilo­mètres et à 100 kilo­mètres. »

Une zone d’ex­clu­sion per­met de ne pas expo­ser de popu­la­tions dans les pre­mières heures, en cas de fusion du cœur.

Karine Her­viou, Direc­trice géné­rale adjointe char­gée du Pôle Sûre­té Nucléaire à l’IRSN (Ins­ti­tut de Radio­pro­tec­tion et de Sûre­té Nucléaire) ajoute : « La plu­part des réac­teurs dans le monde ont été ren­for­cés (suite à l’ac­ci­dent de Fuku­shi­ma) en cas de perte de réseau élec­trique. Il existe plu­sieurs lignes de défense avant d’arriver à la fusion du cœur : un réac­teur peut s’autoalimenter pen­dant un cer­tain temps ; il existe des groupes d’électrogènes de secours – avec une auto­no­mie d’une dizaine de jours. Cer­tains d’entre eux sont bun­ke­ri­sés – c’est-à-dire qu’ils sont pro­té­gés de l’ex­té­rieur. Ces géné­ra­teurs néces­sitent du car­bu­rant pour fonc­tion­ner ; les sites dis­posent de réserves per­met­tant un fonc­tion­ne­ment pen­dant une dizaine de jours.

« Évi­dem­ment, si l’a­li­men­ta­tion externe ne peut être réta­blie et si le site ne peut être ravi­taillé en car­bu­rant, il y a un risque de fusion du cœur. Cer­taines cen­trales ukrai­niennes ont tou­te­fois un avan­tage par rap­port à Fuku­shi­ma : elles dis­posent de sys­tèmes de fil­tra­tion – qui filtrent les rejets, comme le radio-iso­tope césium, par exemple, en cas de fusion du cœur. La perte des ali­men­ta­tions élec­triques est un risque en situa­tion de guerre qui ne peut être exclu. C’est un des risques pré­pon­dé­rants pour nous – la perte de l’alimentation. »

Et le temps néces­saire au refroi­dis­se­ment de la cen­trale en cas de cou­pure du réseau et pour reti­rer les barres et per­mettre l’arrêt des groupes ? « Il faut des mois, voire même des années. La preuve en est, les assem­blages déchar­gés, à la fin du cycle doivent être refroi­dis trois ans avant d’être trans­por­tables. Ils sont ensuite à nou­veau entre­po­sés dans les pis­cines de La Hague où ils sont encore refroi­dis. » La menace est donc sérieuse.

« Une zone d’ex­clu­sion per­met de ne pas expo­ser de popu­la­tions dans les pre­mières heures, en cas de fusion du cœur. En fonc­tion des rejets et du rayon de la zone d’exclusion, il peut être néces­saire de prendre des actions de pro­tec­tion au-delà de cette zone. Il y aura au moins des res­tric­tions de consom­ma­tion et de com­mer­cia­li­sa­tion des den­rées alimentaires. 

« Les condi­tions d’exploitation d’une cen­trale sont éga­le­ment impor­tantes : les équipes ont besoin de séré­ni­té pour tra­vailler. En situa­tion de guerre ce n’est évi­dem­ment pas le cas. C’est un autre risque majeur pour un réac­teur dans un pays en guerre. » La conclu­sion n’est pas réjouis­sante : les cen­trales nucléaires ne sont pas adap­tées aux temps de guerre, et en l’é­tat actuel des choses, que la puis­sance atta­quante ne cible pas les ins­tal­la­tions nucléaires est peut-être tout ce que nous pou­vons espé­rer. Cepen­dant, un site comme Zapo­ri­jia peut éga­le­ment être consi­dé­ré comme inat­ta­quable pour cette même rai­son : le risque d’un acci­dent nucléaire majeur. En effet, après avoir pris le contrôle début mars, les Russes avaient immé­dia­te­ment ins­tal­lé des chars et des dépôts de muni­tions à l’in­té­rieur de la cen­trale car ils avaient la convic­tion que l’armée ukrai­nienne n’o­se­rait jamais atta­quer le site avec des armes lourdes19.

Isabelle Dumé
1https://​www​.iaea​.org/​n​e​w​s​c​e​n​t​e​r​/​p​r​e​s​s​r​e​l​e​a​s​e​s​/​u​p​d​a​t​e​-​1​3​-​i​a​e​a​-​d​i​r​e​c​t​o​r​-​g​e​n​e​r​a​l​-​s​t​a​t​e​m​e​n​t​-​o​n​-​s​i​t​u​a​t​i​o​n​-​i​n​-​u​k​raine
2https://​www​.iaea​.org/​n​e​w​s​c​e​n​t​e​r​/​p​r​e​s​s​r​e​l​e​a​s​e​s​/​i​a​e​a​-​d​i​r​e​c​t​o​r​-​g​e​n​e​r​a​l​-​g​r​o​s​s​i​s​-​i​n​i​t​i​a​t​i​v​e​-​t​o​-​t​r​a​v​e​l​-​t​o​-​u​k​raine
3https://​www​.sfen​.org/​r​g​n​/​f​u​k​u​s​h​i​m​a​-​a​n​s​-​c​h​a​n​t​i​e​r​-​d​e​v​e​n​u​-​l​ocal/
4https://​news​.un​.org/​e​n​/​s​t​o​r​y​/​2​0​2​2​/​0​3​/​1​1​13302
5https://www.reuters.com/world/europe/iaea-board-deplores-russian-invasion-ukraine-only-two-votes-against-2022–03-03/
6https://​onli​ne​li​bra​ry​.wiley​.com/​d​o​i​/​f​u​l​l​/​1​0​.​1​1​1​1​/​b​j​h​.​18142
7https://​www​-pub​.iaea​.org/​M​T​C​D​/​P​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​s​/​P​D​F​/​P​u​b​1​5​9​0​_​w​e​b.pdf
8D.K. Shi­pler, ISRAELI JETS DESTROY IRAQI ATOMIC REACTOR ; ATTACK CONDEMNED BY U.S. AND ARAB NATIONS,” New York Times, June9, 1981. Avai­lable at : https://​www​.nytimes​.com/​1​9​8​1​/​0​6​/​0​9​/​w​o​r​l​d​/​i​s​r​a​e​l​i​-​j​e​t​s​-​d​e​s​t​r​o​y​-​i​r​a​q​i​-​a​t​o​m​i​c​-​r​e​a​c​t​o​r​-​a​t​t​a​c​k​-​c​o​n​d​e​m​n​e​d​-​u​s​-​a​r​a​b​-​n​a​t​i​o​n​s​.html
9“Israel admits stri­king sus­pec­ted Syrian nuclear reac­tor in 2007,” BBC News, March 21, 2018. Avai­lable at :  https://​www​.bbc​.com/​n​e​w​s​/​w​o​r​l​d​-​m​i​d​d​l​e​-​e​a​s​t​-​4​3​4​81803
10Car­na­han, Bur­rus M. “Pro­tec­ting Nuclear Faci­li­ties from Mili­ta­ry Attack : Pros­pects after the Gulf War.” The Ame­ri­can Jour­nal of Inter­na­tio­nal Law 86, no. 3 (1992): 524–41 at 524–525. Avai­lable at : http://​www​.jstor​.org/​s​t​a​b​l​e​/​2​2​03966
11https://​www​.un​.org/​e​n​/​g​e​n​o​c​i​d​e​p​r​e​v​e​n​t​i​o​n​/​d​o​c​u​m​e​n​t​s​/​a​t​r​o​c​i​t​y​-​c​r​i​m​e​s​/​D​o​c​.​3​4​_​A​P​-​I​-​E​N.pdf
12https://www.ohchr.org/en/instruments-mechanisms/instruments/protocol-additional-geneva-conventions-12-august-1949-and‑0
13https://​www​.iaea​.org/​s​i​t​e​s​/​d​e​f​a​u​l​t​/​f​i​l​e​s​/​3​7​3​0​2​0​8​1​6​2​5.pdf
14https://www.nature.com/articles/d41586-022–00660‑z
15https://​viter​bi​.usc​.edu/​d​i​r​e​c​t​o​r​y​/​f​a​c​u​l​t​y​/​M​e​s​h​k​a​t​i​/​N​a​j​medin
16https://link.springer.com/article/10.1007/s13753-016‑0099‑0
17https://​www​.oeko​.de/​d​a​s​-​i​n​s​t​i​t​u​t​/​t​e​a​m​/​t​e​a​m​-​d​e​t​a​i​l​/​v​e​r​o​n​i​k​a​-​u​s​t​o​h​alova
18https://​www​.lese​chos​.fr/​i​n​d​u​s​t​r​i​e​-​s​e​r​v​i​c​e​s​/​e​n​e​r​g​i​e​-​e​n​v​i​r​o​n​n​e​m​e​n​t​/​u​k​r​a​i​n​e​-​c​e​s​t​-​l​a​-​p​r​e​m​i​e​r​e​-​f​o​i​s​-​q​u​i​l​-​y​-​a​-​u​n​e​-​g​u​e​r​r​e​-​d​a​n​s​-​u​n​-​p​a​y​s​-​a​v​e​c​-​a​u​t​a​n​t​-​d​e​-​c​e​n​t​r​a​l​e​s​-​n​u​c​l​e​a​i​r​e​s​-​1​3​93174
19https://​www​.lemonde​.fr/​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​2​2​/​0​6​/​1​6​/​l​a​-​c​e​n​t​r​a​l​e​-​n​u​c​l​e​a​i​r​e​-​d​e​-​z​a​p​o​r​i​j​i​a​-​p​r​i​s​e​-​e​n​-​o​t​a​g​e​-​p​a​r​-​l​-​a​r​m​e​e​-​r​u​s​s​e​_​6​1​3​0​5​8​4​_​3​2​1​0​.html

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