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Changement climatique : les perdants, les gagnants et l'adaptation

Agriculture, santé, transport : les quelques « gagnants » du changement climatique

avec Edward Gérardeaux, HDR de l’INP Toulouse et directeur adjoint de l’unité de recherche Aïda au Cirad et Emmanuelle Quillérou, économiste de l’environnement et des ressources naturelles à l’Université de Bretagne Occidentale
Le 16 mai 2023 |
6 min. de lecture
GERARDEAUX_Edward
Edward Gérardeaux
HDR de l’INP Toulouse et directeur adjoint de l’unité de recherche Aïda au Cirad
QUILLEROU_Emmanuelle
Emmanuelle Quillérou
économiste de l’environnement et des ressources naturelles à l’Université de Bretagne Occidentale
En bref
  • Depuis les années 60, le réchauffement climatique a réduit les rendements globaux du maïs, du blé et du riz, et ralenti la croissance de la productivité agricole de 21 %.
  • Mais le réchauffement climatique peut aussi bénéficier à certaines cultures, car la hausse globale de la concentration atmosphérique en CO2 stimule la photosynthèse.
  • L’insécurité alimentaire va augmenter, particulièrement en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et en Amérique centrale, avec +8 à +80 millions de personnes touchées.
  • L’océan Arctique deviendrait exempt de glace en été avant 2050, ce qui signifierait que de nouvelles routes maritimes et ressources naturelles deviendraient accessibles.
  • Si quelques communautés pourront tirer des bénéfices du réchauffement climatique, c’est au détriment du reste du monde qui sera affecté négativement.

Plus de 3 mil­liards de per­sonnes vivent dans des contextes de grande vul­né­ra­bi­li­té au chan­ge­ment cli­ma­tique1. Les retom­bées sont, sans aucun doute, catas­tro­phiques pour les sys­tèmes natu­rels et humains en place aujourd’hui. Mais ce constat glo­bal masque une cer­taine varia­bi­li­té. En par­ti­cu­lier, quelques com­mu­nau­tés locales pour­ront tirer leur épingle du jeu… au détri­ment d’un nombre bien plus éle­vé de citoyens affec­tés de façon néfaste par le chan­ge­ment climatique.

Quels effets sur la sécurité alimentaire ?

Inté­res­sons-nous d’abord aux effets du chan­ge­ment cli­ma­tique sur les cultures : le der­nier rap­port du GIEC consacre un cha­pitre au sujet2. À l’échelle glo­bale, les ren­de­ments ont été mul­ti­pliés par 2,5 à 3 depuis les années 60 grâce aux tech­niques agri­coles (varié­tés, irri­ga­tion, fer­ti­li­sa­tion etc.). Sur la même période, le réchauf­fe­ment cli­ma­tique a réduit les ren­de­ments glo­baux du maïs (-5,9 %), du blé (-4,9 %) et du riz (-4,2 %)3, et ralen­ti la crois­sance de la pro­duc­ti­vi­té agri­cole de 21 %4. D’ici la fin du siècle, les baisses de ren­de­ment vont se poursuivre.

Mais ces moyennes cachent des dis­pa­ri­tés régio­nales. Si les effets atten­dus sont « plus néga­tifs que posi­tifs » d’après le GIEC, cer­taines régions béné­fi­cient du chan­ge­ment cli­ma­tique : gros­siè­re­ment, celles où les tem­pé­ra­tures moyennes annuelles sont aujourd’hui infé­rieures à 10° C (l’Arctique et l’Asie cen­trale par exemple). 

« Les effets du chan­ge­ment cli­ma­tique sur les cultures sont nom­breux, il est dif­fi­cile de géné­ra­li­ser. », assène Edward Gerar­deaux. En pre­mier lieu, la hausse glo­bale de la concen­tra­tion atmo­sphé­rique en CO2 sti­mule la pho­to­syn­thèse et aug­mente donc la bio­masse. « Cet effet bien connu béné­fi­cie plus à cer­taines cultures qui uti­lisent un méca­nisme par­ti­cu­lier de pho­to­syn­thèse : blé, riz, pommes de terre, etc. » ajoute Edward Gerar­deaux. Autre effet posi­tif : la hausse des tem­pé­ra­tures. « Dans cer­taines régions tem­pé­rées, elle réduit le stress ther­mique et étend les aires culti­vables, par exemple vers les pôles ou en alti­tude. », pour­suit Edward Gerar­deaux. Au centre de Mada­gas­car, dans les Hauts-Pla­teaux (la région la plus peu­plée), la culture du riz est faci­li­tée par le chan­ge­ment cli­ma­tique. Les ren­de­ments esti­més dépassent +10 % (+576 kg/ha) pour les scé­na­rios pes­si­mistes d’émissions de GES5. « Le même effet est atten­du pour les pays d’altitude comme le Rwan­da ou cer­taines zones du Kenya. », com­plète Edward Gerar­deaux. Au cours des der­nières décen­nies, des retom­bées posi­tives du chan­ge­ment cli­ma­tique ont été obser­vées sur la pro­duc­ti­vi­té de maïs et riz en Asie cen­trale, maïs et soja en Amé­rique du Nord, ou encore blé en Afrique du Nord, Europe du Nord et Asie du Sud-Est, et riz en Australie.

Depuis les années 60, le réchauf­fe­ment a ralen­ti la crois­sance de la pro­duc­ti­vi­té agri­cole de 21 %.

À l’inverse, la hausse des tem­pé­ra­tures affecte la pro­duc­ti­vi­té de nom­breuses plantes dans les régions où la tem­pé­ra­ture est plus éle­vée. Elle accé­lère leur crois­sance et dimi­nue leur durée de vie. Edward Gerar­deaux ajoute : « Au-delà d’un cer­tain seuil, les tis­sus sont dégra­dés et les organes fruc­ti­fères sont sté­riles : cela concerne par­ti­cu­liè­re­ment les plantes à la flo­rai­son grou­pée comme le maïs et le riz. » À cela s’ajoutent les varia­tions de plu­vio­mé­trie : défi­cit de pluie, aug­men­ta­tion des évè­ne­ments extrêmes… La séche­resse a déjà pro­vo­qué des pertes dans 75 % des zones culti­vées6, et les effets com­bi­nés de la cha­leur et la séche­resse ont réduit les ren­de­ments mon­diaux de maïs (-11,6 %), soja (-12,4 %) et blé (-9,2 %)7. Ces effets contre­ba­lancent les impacts posi­tifs dans de nom­breuses régions du monde. Par exemple, les ren­de­ments de millet ont bais­sé de 10–20 %, et ceux de sor­gho de 5–15 % en Afrique de l’Ouest. 

Quelle conclu­sion en tirer pour la sécu­ri­té ali­men­taire mon­diale ? L’insécurité ali­men­taire va aug­men­ter, par­ti­cu­liè­re­ment en Afrique sub­sa­ha­rienne, Asie du Sud et cen­trale et Amé­rique cen­trale (de +8 à +80 mil­lions de per­sonnes tou­chées). « Les retom­bées posi­tives sur l’agriculture ne sont pas en mesure de com­pen­ser ce risque, conclut Edward Gerar­deaux. Cer­taines com­mu­nau­tés locales ver­ront leur situa­tion s’améliorer, mais cela ne béné­fi­cie­ra pas à une région très éten­due, d’autant plus que les échanges com­mer­ciaux sont plus com­pli­qués dans ces zones. »

L’exemple du paludisme

Pre­nons main­te­nant l’exemple du palu­disme, une mala­die vec­to­rielle cau­sée par des para­sites du genre Plas­mo­dium. La pré­va­lence de la mala­die dépend de fac­teurs socio-éco­no­miques (sys­tème de san­té, com­por­te­ments humains, etc.) et cli­ma­tiques. Le vec­teur – le mous­tique Ano­pheles – a besoin d’une plu­vio­mé­trie adé­quate pour créer des sites de ponte. Le para­site Plas­mo­dium néces­site, lui, une tem­pé­ra­ture adap­tée (envi­ron 20° C) pour se mul­ti­plier dans le mous­tique8. Enfin, des tem­pé­ra­tures trop éle­vées ou variables modi­fient la transmission.

Résul­tat ? La capa­ci­té vec­to­rielle – l’aptitude des mous­tiques à trans­mettre le para­site – a aug­men­té ces der­nières années, et la hausse des tem­pé­ra­tures moyennes rend de plus vastes zones géo­gra­phiques pro­pices à la trans­mis­sion9. Mais en Afrique de l’Ouest, la sai­son de trans­mis­sion du palu­disme va dimi­nuer en rai­son de la baisse des pré­ci­pi­ta­tions : le risque de mala­die y est donc amoin­dri grâce au chan­ge­ment cli­ma­tique10. À l’inverse, la capa­ci­té vec­to­rielle de l’insecte va aug­men­ter en Afrique sub­sa­ha­rienne, Asie et Amé­rique du Sud.

Focus sur l’Arctique

« On parle d’une pos­sible ruée vers le froid, la ‘cold rush’ ! », décrit Emma­nuelle Quillé­rou. Aux pôles, les retom­bées phy­siques du chan­ge­ment cli­ma­tique sont plus larges et impor­tantes11. Les modèles cli­ma­tiques montrent qu’un réchauf­fe­ment moyen glo­bal de 4° C se tra­duit par une hausse des tem­pé­ra­tures ter­restres de 8° C en Arc­tique, et il est pro­bable que l’océan devienne exempt de glace en été avant 2050. Résul­tat : de nou­velles routes mari­times et res­sources natu­relles deviennent accessibles.

D’ici 2050, les routes mari­times du Nord pour­raient être 56 % plus acces­sibles qu’aujourd’hui.

Entre 2013 et 2019, le tra­fic mari­time a aug­men­té de 25 % et la dis­tance par­cou­rue de 75 %. D’ici 2050, les routes mari­times du Nord (route mari­time Nord, les pas­sages du Nord-Ouest et la route mari­time trans­po­laire) pour­raient être 56 % plus acces­sibles qu’aujourd’hui. Il existe une nette cor­ré­la­tion entre la dimi­nu­tion de l’étendue des glaces de mer (-13 % par décen­nie jusqu’à pré­sent12) et la hausse du tra­fic mari­time. Les fac­teurs éco­no­miques y jouent aus­si un rôle majeur. « Cela s’explique prin­ci­pa­le­ment par l’augmentation du tra­fic inté­rieur en Rus­sie, com­mente Emma­nuelle Quillé­rou. Mais la Chine et quelques arma­teurs comme Maersk se posi­tionnent en ‘pion­niers’ pour leur uti­li­sa­tion de ces routes pour les échanges com­mer­ciaux inter­na­tio­naux en tes­tant des tra­ver­sées. » Les arma­teurs espèrent ain­si évi­ter les routes clas­si­que­ment emprun­tées comme le canal de Suez… et réduire la dis­tance de 40 % entre l’Asie et l’Europe. « Les coûts ne sont cepen­dant pas dimi­nués de 40 %, tem­père Emma­nuelle Quillé­rou. La consom­ma­tion de car­bu­rant est plus impor­tante qu’en eaux chaudes, il est par­fois néces­saire de recou­rir à un brise-glace, la navi­ga­tion est plus lente, les infra­struc­tures très limi­tées et des droits de pas­sage peuvent être exi­gés par cer­tains États rive­rains comme la Rus­sie. » Sans prendre en compte les évo­lu­tions autres que le chan­ge­ment cli­ma­tique, les réduc­tions de coût par rap­port aux autres routes mari­times sont esti­mées à 5–16 % aujourd’hui, 29 % en 2030 et 37 % en 205013.

Autre oppor­tu­ni­té : l’exploitation des res­sources natu­relles. De nom­breuses res­sources fos­siles sont exploi­tées dans la région (pétrole, gaz, mine­rais comme les dia­mants, les terres rares, le zinc etc.), et la Rus­sie a déjà éten­du l’exploitation des res­sources natu­relles – pétrole et gaz – dans les pénin­sules de Yamal et Gydan. La fonte des glaces aug­mente la durée d’exploitation et l’accessibilité à ces res­sources. 90 mil­liards de barils de pétrole, 1669 mil­liards de pieds cubes de gaz natu­rel et 44 mil­liards de barils de GNL [Gaz Natu­rel Liqué­fié, ndlr] pour­raient être dis­po­nibles à l’avenir. « L’exploitation des res­sources natu­relles y est plus com­pli­quée qu’ailleurs en rai­son des condi­tions cli­ma­tiques extrêmesLa fonte du per­ma­frost désta­bi­lise les sols et impose la construc­tion d’infrastructures encore plus coû­teuses, pré­vient Emma­nuelle Quillé­rou. La Lloyd’s, une des plus grandes com­pa­gnies d’assurance et réfé­rente dans le domaine, refuse depuis 2012 d’assurer cer­taines acti­vi­tés d’exploitation en Arc­tique, les risques finan­ciers asso­ciés étant jugés trop impor­tants. Cela a envoyé un signal très fort. Shell a per­sis­té en Arc­tique plus long­temps que Total et BP mais a fini par arrê­ter les opé­ra­tions ini­tiées dans les années 2000, la mau­vaise ges­tion d’une marée noire les ayant très rapi­de­ment frei­nés. » Mal­gré les oppor­tu­ni­tés, les coûts accrus pour l’exploitation com­mer­ciale des res­sources et routes mari­times freinent for­te­ment la ruée jusqu’à présent.

La ruée vers le froid pré­sente des risques impor­tants pour l’atténuation du chan­ge­ment cli­ma­tique. « Une aug­men­ta­tion forte et bru­tale du niveau d’activité éco­no­mique en Arc­tique pour­rait non seule­ment géné­rer des pol­lu­tions fortes de l’environnement natu­rel mais aus­si rompre le fra­gile équi­libre social et diplo­ma­tique dans la région, conclut Emma­nuelle Quillé­rou. Les garde-fous en place sont encore trop res­treints pour limi­ter les impacts sur l’environnement natu­rel polaire et donc sur le chan­ge­ment cli­ma­tique au niveau mon­dial. » Alors que la région est déjà for­te­ment expo­sée au risque cli­ma­tique, la réduc­tion des risques – y com­pris des nou­veaux comme la hausse des émis­sions pol­luantes ou les retom­bées cultu­relles et sur les éco­sys­tèmes marins – grâce à des stra­té­gies d’endiguement est essen­tielle face à la « cold rush ».

Anaïs Marechal
1IPCC, 2023, Syn­the­sis report of the IPCC sixth assess­ment report, Sum­ma­ry for poli­cy­ma­kers.
2Bez­ner Kerr, R., T. Hase­ga­wa, R. Las­co, I. Bhatt, D. Deryng, A. Far­rell, H. Gur­ney-Smith, H. Ju, S. Lluch-Cota, F. Meza, G. Nel­son, H. Neu­feldt, and P. Thorn­ton, 2022 : Food, Fibre, and Other Eco­sys­tem Pro­ducts. In : Cli­mate Change 2022 : Impacts, Adap­ta­tion and Vul­ne­ra­bi­li­ty. Contri­bu­tion of Wor­king Group II to the Sixth Assess­ment Report of the Inter­go­vern­men­tal Panel on Cli­mate Change [H.-O. Pört­ner, D.C. Roberts, M. Tignor, E.S. Poloc­zans­ka, K. Min­ten­beck, A. Ale­gría, M. Craig, S. Lang­sdorf, S. Löschke, V. Möl­ler, A. Okem, B. Rama (eds.)]. Cam­bridge Uni­ver­si­ty Press, Cam­bridge, UK and New York, NY, USA, pp. 713–906, doi:10.1017/9781009325844.007.
3Moore, F., 2020 : The fin­ger­print of anthro­po­ge­nic war­ming on glo­bal agri­cul­ture. Ear­thArXiv, doi:10.31223/x5q30z.
4Ortiz-Bobea, A., et al., 2021 : Anthro­po­ge­nic cli­mate change has slo­wed glo­bal agri­cul­tu­ral pro­duc­ti­vi­ty growth. Nat. Clim. Change, 11 (4), 306–312, doi:10.1038/s41558-021–01000‑1
5Gerar­deaux, E., Giner, M., Rama­nant­soa­ni­ri­na, A. et al. Posi­tive effects of cli­mate change on rice in Mada­gas­car. Agron. Sus­tain. Dev. 32, 619–627 (2012). https://doi.org/10.1007/s13593-011‑0049‑6
6Kim, W., T. Iizu­mi and M. Nishi­mo­ri, 2019b : Glo­bal pat­terns of crop pro­duc­tion losses asso­cia­ted with droughts from 1983 to 2009. J. Appl. Meteo­rol. Clim. , 58 (6), 1233–1244, doi:10.1175/Jamc-D-18–0174.1.
7Matiu, M., D.P. Ankerst and A. Men­zel, 2017 : Inter­ac­tions bet­ween tem­pe­ra­ture and drought in glo­bal and regio­nal crop yield varia­bi­li­ty during 1961–2014. PLoS ONE, 12 (5), e178339, doi:10.1371/journal.pone.0178339.
8Cami­nade, C., McIn­tyre, K.M. and Jones, A.E. (2019), Impact of recent and future cli­mate change on vec­tor-borne diseases. Ann. N.Y. Acad. Sci., 1436 : 157–173. https://​doi​.org/​1​0​.​1​1​1​1​/​n​y​a​s​.​13950
9Cis­sé, G., R. McLe­man, H. Adams, P. Aldunce, K. Bowen, D. Camp­bell-Len­drum, S. Clay­ton, K.L. Ebi, J. Hess, C. Huang, Q. Liu, G. McGre­gor, J. Semen­za, and M.C. Tira­do, 2022 : Health, Well­being, and the Chan­ging Struc­ture of Com­mu­ni­ties. In : Cli­mate Change 2022 : Impacts, Adap­ta­tion and Vul­ne­ra­bi­li­ty. Contri­bu­tion of Wor­king Group II to the Sixth Assess­ment Report of the Inter­go­vern­men­tal Panel on Cli­mate Change [H.-O. Pört­ner, D.C. Roberts, M. Tignor, E.S. Poloc­zans­ka, K. Min­ten­beck, A. Ale­gría, M. Craig, S. Lang­sdorf, S. Löschke, V. Möl­ler, A. Okem, B. Rama (eds.)]. Cam­bridge Uni­ver­si­ty Press, Cam­bridge, UK and New York, NY, USA, pp. 1041–1170, doi:10.1017/9781009325844.009.
10Cami­nade, C., et al. (2014), Impact of cli­mate change on glo­bal mala­ria dis­tri­bu­tion, PNAS, vol. 111, no. 9, 3286–3291.
11Constable, A.J., S. Har­per, J. Daw­son, K. Hols­man, T. Mus­to­nen, D. Pie­pen­burg, and B. Rost, 2022 : Cross-Chap­ter Paper 6 : Polar Regions. In : Cli­mate Change 2022 : Impacts, Adap­ta­tion and Vul­ne­ra­bi­li­ty. Contri­bu­tion of Wor­king Group II to the Sixth Assess­ment Report of the Inter­go­vern­men­tal Panel on Cli­mate Change [H.-O. Pört­ner, D.C. Roberts, M. Tignor, E.S. Poloc­zans­ka, K. Min­ten­beck, A. Ale­gría, M. Craig, S. Lang­sdorf, S. Löschke, V. Möl­ler, A. Okem, B. Rama (eds.)]. Cam­bridge Uni­ver­si­ty Press, Cam­bridge, UK and New York, NY, USA, pp. 2319–2368, doi:10.1017/9781009325844.023.
12Ser­reze, M.C. and W.N. Meier, 2019 : The Arctic’s sea ice cover : trends, varia­bi­li­ty, pre­dic­ta­bi­li­ty, and com­pa­ri­sons to the Antarc­tic. Ann. N.Y. Acad. Sci. , 1436 (1), 36–53, doi:10.1111/nyas.13856.
13Emma­nuelle Quillé­rou, Mathilde Jac­quot, Annie Cuden­nec, Denis Bailly, Anne Cho­quet, et al. Arc­tique : oppor­tu­ni­tés, enjeux et défis. Fiches scien­ti­fiques de la Pla­te­forme Océan & Cli­mat, 2019. 

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