Directeur de recherche au CNRS, chef d’unité à l’Institut Pasteur et membre de l’Académie européenne des sciences
En bref
Selon les travaux de Daniel Kahneman, les états mentaux pourraient osciller au fil du temps entre deux modes de pensées opposés : le Système 1 et le Système 2.
Le Système 1 est rapide, intuitif et automatique, tandis que le Système 2 est caractérisé par sa lenteur, son analyse approfondie et son caractère pondéré.
L’inhibition frontale est une faculté qui réprime les élans réflexes et les réponses automatiques (Système 1) au profit d’une pensée plus réfléchie et pesée (Système 2).
En ce sens, le « doute » n’est pas le signe d’une faiblesse, ou d’une hésitation, mais plutôt une capacité à la remise en question et à la suspension du jugement.
L’inhibition frontale confère au moins à l’individu trois vertus cardinales : l’humilité intellectuelle, la retenue du jugement et la révision des croyances.
docteure en neurosciences et doctorante en neuroéthique à l'Université d'Aix-Marseille
En bref
Les neurosciences restent une discipline académique assez jeune, et il n’existe pas de consensus théorique qui explique ce que la conscience est vraiment.
La conscience est un objet d’étude complexe, et les progrès technologiques récents ont donné l’espoir de parvenir à identifier sa signature physique.
La théorie de l’espace de travail global est une théorie populaire en neurosciences, qui décrit ce que fait la conscience de manière perceptible.
Les théories posent des problèmes éthiques, comme l’enfermement dans un matérialisme qui délaisse les autres dimensions possibles de la conscience.
Il ne faut notamment pas oublier une question éthique essentielle : les développements technologiques actuels sont-ils réellement au service de l’homme ?
Le temps psychologique (vécu et reconstruit par notre cerveau) ne coïncide pas avec le temps physique (mesuré par nos montres), mais n’en est pas complètement décorrélé.
Aujourd’hui, des scientifiques s’intéressent à la manière dont les neurones codent la représentation mentale du temps.
Ces recherches remettent en cause l’idée d’une horloge interne synchronisée avec des rythmes externes, qui battrait la mesure et enregistrerait les battements pour compter les durées.
Le projet prometteur CHRONOLOGY vise à comprendre comment le cerveau construit une cartographie du temps.
L’une des intuitions du projet est que les mécanismes neuronaux générant la cartographie mentale du temps sont en grande partie communs à différentes espèces.
Directeur de recherche au CNRS, chef d’unité à l’Institut Pasteur et membre de l’Académie européenne des sciences
En bref
Une étude parue en novembre 2025 révèle que le multilinguisme - savoir communiquer en plusieurs langues - protège le cerveau du vieillissement.
Pour arriver à ces résultats, les auteurs ont analysé les données de 86 000 personnes âgées réparties dans vingt-sept pays européens.
De ces données, un indicateur spécifique : l’âge bio-comportemental (ABC) a été créé - il permet de traduire l’écart entre l’âge biologique (conditions de vie) et l’âge chronologique (âge civil).
La pratique de plusieurs langues stimule la « réserve cognitive », un capital cérébral permettant à l’information de se frayer de nouvelles voies au sein des réseaux neuronaux.
Cette découverte met en avant pour les futures stratégies de santé publique mondiales l’importance des facteurs cognitifs, sociaux et culturels.