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De l'intuition à la conscience : les frontières invisibles de la cognition

4 épisodes
  • 1
    Mettre sur pause son intuition pour favoriser la réflexion
  • 2
    Les neurosciences peuvent-elles résoudre l'énigme de la conscience ?
  • 3
    Cerveau : comment ressentons-nous le temps ?
  • 4
    En quoi le multilinguisme ralentit-il le vieillissement cérébral ?
Épisode 1/4
Le 9 septembre 2025
11 min. de lecture
Pierre-Marie Lledo
Pierre-Marie Lledo
Directeur de recherche au CNRS, chef d’unité à l’Institut Pasteur et membre de l’Académie européenne des sciences

En bref

  • Selon les travaux de Daniel Kahneman, les états mentaux pourraient osciller au fil du temps entre deux modes de pensées opposés : le Système 1 et le Système 2.
  • Le Système 1 est rapide, intuitif et automatique, tandis que le Système 2 est caractérisé par sa lenteur, son analyse approfondie et son caractère pondéré.
  • L’inhibition frontale est une faculté qui réprime les élans réflexes et les réponses automatiques (Système 1) au profit d’une pensée plus réfléchie et pesée (Système 2).
  • En ce sens, le « doute » n’est pas le signe d’une faiblesse, ou d’une hésitation, mais plutôt une capacité à la remise en question et à la suspension du jugement.
  • L’inhibition frontale confère au moins à l’individu trois vertus cardinales : l’humilité intellectuelle, la retenue du jugement et la révision des croyances.
Épisode 2/4
Le 16 septembre 2025
7 min. de lecture
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Laure Tabouy
docteure en neurosciences et doctorante en neuroéthique à l'Université d'Aix-Marseille

En bref

  • Les neurosciences restent une discipline académique assez jeune, et il n’existe pas de consensus théorique qui explique ce que la conscience est vraiment.
  • La conscience est un objet d’étude complexe, et les progrès technologiques récents ont donné l’espoir de parvenir à identifier sa signature physique.
  • La théorie de l’espace de travail global est une théorie populaire en neurosciences, qui décrit ce que fait la conscience de manière perceptible.
  • Les théories posent des problèmes éthiques, comme l’enfermement dans un matérialisme qui délaisse les autres dimensions possibles de la conscience.
  • Il ne faut notamment pas oublier une question éthique essentielle : les développements technologiques actuels sont-ils réellement au service de l’homme ?
Épisode 3/4
Le 26 février 2025
6 min. de lecture
Virginie Van Wassenhove
Virginie van Wassenhove
directrice de recherche au CEA

En bref

  • Le temps psychologique (vécu et reconstruit par notre cerveau) ne coïncide pas avec le temps physique (mesuré par nos montres), mais n’en est pas complètement décorrélé.
  • Aujourd’hui, des scientifiques s’intéressent à la manière dont les neurones codent la représentation mentale du temps.
  • Ces recherches remettent en cause l’idée d’une horloge interne synchronisée avec des rythmes externes, qui battrait la mesure et enregistrerait les battements pour compter les durées.
  • Le projet prometteur CHRONOLOGY vise à comprendre comment le cerveau construit une cartographie du temps.
  • L’une des intuitions du projet est que les mécanismes neuronaux générant la cartographie mentale du temps sont en grande partie communs à différentes espèces.
Épisode 4/4
Le 27 janvier 2026
7 min. de lecture
Pierre-Marie Lledo
Pierre-Marie Lledo
Directeur de recherche au CNRS, chef d’unité à l’Institut Pasteur et membre de l’Académie européenne des sciences

En bref

  • Une étude parue en novembre 2025 révèle que le multilinguisme - savoir communiquer en plusieurs langues - protège le cerveau du vieillissement.
  • Pour arriver à ces résultats, les auteurs ont analysé les données de 86 000 personnes âgées réparties dans vingt-sept pays européens.
  • De ces données, un indicateur spécifique : l’âge bio-comportemental (ABC) a été créé - il permet de traduire l’écart entre l’âge biologique (conditions de vie) et l’âge chronologique (âge civil).
  • La pratique de plusieurs langues stimule la « réserve cognitive », un capital cérébral permettant à l’information de se frayer de nouvelles voies au sein des réseaux neuronaux.
  • Cette découverte met en avant pour les futures stratégies de santé publique mondiales l’importance des facteurs cognitifs, sociaux et culturels.