directeur adjoint du pôle Opérations numériques à l'AP-HP
Jean Langlois-Berthelot
docteur en mathématiques appliquées
En bref
Si l’informatique quantique est une révolution technologique majeure, elle représente également une menace sans précédent pour la sécurité numérique.
Un ordinateur quantique résoudrait en quelques heures des algorithmes de chiffrement asymétrique (qui sécurisent les communications électroniques) résolus en des milliers d’années par des ordinateurs classiques.
Le développement de telles machines pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les États (espionnage industriel, manipulation d’élections…).
Il est donc impératif que les États se tournent vers la cryptographie post-quantique en élaborant des algorithmes de chiffrement résistants aux attaques quantiques.
Pour garantir la sécurité des services étatiques, une évaluation approfondie des risques liés aux technologies quantiques doit être réalisée.
professeur assistant en intelligence artificielle et physique quantique à l'École polytechnique (IP Paris)
En bref
Il existe une croyance selon laquelle l’informatique quantique pourrait révolutionner l’intelligence artificielle et en particulier le « deep learning ».
Cependant, l’informatique quantique ne fera pas forcément progresser l’IA car elle rencontre des difficultés à traiter les informations des réseaux neuronaux et les données volumineuses.
Les ordinateurs quantiques sont notamment très lents et seuls des calculs très courts sont effectués sans pannes.
L’apprentissage automatique par l’IA est toutefois un outil essentiel pour apprendre à concevoir et à faire fonctionner les ordinateurs quantiques de nos jours.
Avec
Lionel Martellini, directeur fondateur de l'EDHEC Quantum Institute et directeur de recherche à la CFA Institute Research Foundation
Le 31 mars 2026
6 min. de lecture
Lionel Martellini
directeur fondateur de l'EDHEC Quantum Institute et directeur de recherche à la CFA Institute Research Foundation
En bref
En finance, les technologies quantiques visent à dépasser les spécificités des architectures de calcul classiques auxquelles se heurtent les établissements financiers.
Des propriétés comme la superposition, l’interférence ou l’intrication pourraient intéresser en finance, mais doivent se confronter aux capacités concrètes de la recherche.
Un avantage du quantique en finance consisterait à améliorer la rentabilité d’un portefeuille ou à diminuer son risque, mais il faut considérer les coûts que cela induit.
Des techniques comme les algorithmes d’optimisation quantique approximative ou les formulations QUBO pourraient offrir des perspectives dans ce domaine.
Toutefois, il s’agit d’être prudent face au quantum washing, cette tendance à construire artificiellement des cas d’usage pour mettre en évidence les avantages du quantique.
Grâce aux récentes découvertes, les chercheurs sont sur la piste d’un internet quantique où les « qubits » seront envoyés par téléportation quantique.
Cette téléportation « incassable » correspond à des transports instantanés d’un état quantique entre des particules distantes.
Pour la première fois, une équipe de QuTech est parvenue à créer un réseau quantique à trois nœuds de réseaux.
Une fois développé, ce système pourra réaliser des protocoles plus complexes et s’intégrer dans des réseaux pour une utilisation concrète.
Auteurs
Lionel Martellini
directeur fondateur de l'EDHEC Quantum Institute et directeur de recherche à la CFA Institute Research Foundation
Lionel Martellini est directeur fondateur de l'EDHEC Quantum Institute, directeur de recherche à la CFA Institute Research Foundation et ancien directeur de l'EDHEC Risk Institute. Avant de rejoindre l'EDHEC, le professeur MARTELLINI était membre du corps enseignant de la Marshall School of Business de l'Université de Californie du Sud et a occupé des postes de professeur invité à l'Université de Princeton et au Massachusetts Institute of Technology (MIT).
Il est titulaire d'une maîtrise en gestion, économie, mathématiques et statistiques, ainsi que d'un doctorat en finance de la Haas School of Business de l'université de Californie à Berkeley. En dehors de ses activités dans le domaine de la finance, il a obtenu un doctorat en astrophysique relativiste et mène actuellement des recherches sur les fondements de la mécanique quantique.
Le professeur Martellini est membre du comité de rédaction du Journal of Portfolio Management. Ses travaux sur les solutions d'investissement pour les investisseurs individuels et institutionnels ont été publiés dans des revues universitaires et professionnelles de premier plan et ont fait l'objet d'articles dans de grands quotidiens européens et mondiaux tels que The Economist, The Financial Times et The Wall Street Journal. Il a également lancé deux programmes de spécialisation numérique, l'un sur la science des données pour la gestion des investissements et l'autre sur la finance climatique et l'investissement durable. Parallèlement à ses activités universitaires, le professeur Martellini a été consultant auprès de grandes institutions financières et cofondateur d'entreprises commerciales liées aux stratégies d'investissement quantitatives.