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Le design addictif des réseaux sociaux dans le viseur des régulateurs

Lê Nguyên Hoang
Lê Nguyên Hoang
docteur en mathématiques de Polytechnique Montréal, co-fondateur et directeur exécutif de Tournesol.app
En bref
  • Le 6 février 2026, la Commission européenne s’attaque au réseau social chinois TikTok à cause de la mauvaise régulation par l’entreprise du design addictif de l’application et donc pour sa violation du Digital Services Act.
  • Sur la même période, en Californie, un procès accuse Meta et YouTube d'avoir « fabriqué l'addiction », notamment via les IA de recommandation dépassant ainsi le cadre de l’hébergement de contenus.
  • L’alinéa 5.1.a de l'AI Act, entré en vigueur dans l’UE, interdit les systèmes d'IA qui ont « recours à des techniques subliminales [...] avec pour objectif ou effet d'alétrer substantiellement le comportement d'une personne ».
  • Les accusations envers ces IA de recommandation sont nombreuses : exploitation des vulnérabilités psychologiques, dégradation des facultés cognitives, amplification de la désinformation de masse, etc.
  • Les IA de recommandation sont déployées dans un marché de l’attention qui pèse des centaines de milliards de dollars par an et qui est financé par des publicités ultraciblées sur l’utilisateur.

Le 6 février 2026, la Com­mis­sion euro­péenne émet un avis pré­li­mi­naire sur la vio­la­tion du Digi­tal Ser­vices Actpar le réseau social chi­nois Tik­Tok1. La Com­mis­sion estime que l’en­tre­prise Byte­Dance der­rière Tik­Tok a échoué à « prendre des mesures rai­son­nables, pro­por­tion­nées et effec­tives pour atté­nuer les risques émer­geant du desi­gn addic­tif » de son pro­duit. Elle vise par là des fonc­tion­na­li­tés comme le scroll infi­ni, la lec­ture auto­ma­tique et les noti­fi­ca­tions, mais aus­si son IA de recom­man­da­tion, c’est-à-dire l’al­go­rithme qui répond à chaque clic, swipe ou scroll d’un uti­li­sa­teur en quête d’un nou­veau conte­nu. C’est la pre­mière fois qu’une ins­ti­tu­tion démo­cra­tique s’at­taque à un algo­rithme au cœur du contrôle des flux de l’in­for­ma­tion du monde moderne.

Mais cette attaque juri­dique n’est pas iso­lée. Fin jan­vier 2026, dans la ver­sion pro­vi­soire du pro­jet de loi visant à pro­té­ger les mineurs des risques aux­quels les expose l’utilisation des réseaux sociaux, est intro­duit un Article 1er bis, qui lui aus­si, cible spé­ci­fi­que­ment les IA de recom­man­da­tion2. « Pour les infor­ma­tions ain­si mises en avant, la res­pon­sa­bi­li­té du four­nis­seur peut être enga­gée en qua­li­té d’éditeur », affirme l’a­li­néa 6–8‑1-II. Et dans le même temps, en Cali­for­nie, le 9 février 2026, un pro­cès accuse Meta et You­Tube d’a­voir « fabri­qué l’ad­dic­tion »3, notam­ment via les IA de recom­man­da­tion, en allant ain­si bien au-delà du simple héber­ge­ment de conte­nus, enca­dré par la Sec­tion 230 très peu exi­geante pour les héber­geurs4. En deux semaines, les IA de recom­man­da­tion ont été davan­tage ciblées juri­di­que­ment qu’au cours de leurs deux décen­nies d’exis­tence antérieures.

Pour­tant, cela fait au moins une décen­nie que des scien­ti­fiques, des jour­na­listes et des défen­seurs des droits humains alarment sur le risque civi­li­sa­tion­nel de ces IA de recom­man­da­tion, par­fois appe­lés sys­tèmes de cura­tion, ou par­fois juste « l’al­go­rithme », notam­ment par les créa­teurs et les consom­ma­teurs de conte­nus sur les réseaux sociaux. Les accu­sa­tions vont de l’ex­ploi­ta­tion des vul­né­ra­bi­li­tés psy­cho­lo­giques des uti­li­sa­teurs à l’in­ci­ta­tion au sui­cide, en pas­sant par une dégra­da­tion des facul­tés cog­ni­tives, une com­pli­ci­té au cybe­rhar­cè­le­ment de meute, une ampli­fi­ca­tion de la dés­in­for­ma­tion de masse, des désta­bi­li­sa­tions d’é­lec­tions démo­cra­tiques et des contri­bu­tions à des géno­cides, avec connais­sance de cause. Dans cet article, nous allons com­pi­ler quelques-uns des argu­ments scien­ti­fiques les plus com­pro­met­tants pour ces IA.

Le pouvoir surpuissant des IA de recommandation

Le 27 novembre 2025, paraît dans Science une publi­ca­tion sur l’im­pact monu­men­tal de la recom­man­da­tion de conte­nus sur les uti­li­sa­teurs5. L’é­tude invite un ensemble d’u­ti­li­sa­teurs de X/Twitter à ins­tal­ler une exten­sion navi­ga­teur. Cette exten­sion va ensuite assi­gner les uti­li­sa­teurs à dif­fé­rents groupes. Pour cer­tains, aucune inter­ven­tion n’au­ra lieu. Pour d’autres, l’ex­ten­sion va réor­don­ner les mes­sages pro­po­sés par l’IA de recom­man­da­tion de X/Twitter, en met­tant en pre­mier les plus éner­vés ou les plus hai­neux vis-à-vis du groupe oppo­sé. Pour d’autres l’ex­ten­sion va au contraire prio­ri­ser les conte­nus les plus calmes ou poli­ti­que­ment bien­veillants. Seule­ment, après une semaine d’in­ter­ven­tion, de manière frap­pante, cette inter­ven­tion minime affecte déjà la pola­ri­sa­tion affec­tive des uti­li­sa­teurs, c’est-à-dire leur degré d’an­ti­pa­thie émo­tion­nelle vis-à-vis du clan oppo­sé, avec une ampleur que les auteurs estiment « com­pa­rable à 3 ans de chan­ge­ment d’at­ti­tudes aux États-Unis ». 

De manière très insi­dieuse, quand bien même les uti­li­sa­teurs savaient qu’ils par­ti­ci­paient à une expé­rience, ils étaient inca­pables devi­ner la nature de l’in­ter­ven­tion dont ils étaient la cible. Le réor­don­nan­ce­ment des mes­sages publiés était, en un sens, sub­li­mi­nal, ou du moins, sous leur seuil de conscience. Voi­là qui fait écho à l’a­li­néa 5.1.a de l’AI Act6, entré en vigueur dans l’U­nion euro­péenne, qui inter­dit les sys­tèmes d’IA qui ont « recours à des tech­niques sub­li­mi­nales […] avec pour objec­tif ou effet d’al­té­rer sub­stan­tiel­le­ment le com­por­te­ment d’une per­sonne ». Bien enten­du, d’autres condi­tions sont évo­quées dans cet ali­néa, et l’é­tude dans Science ne suf­fit cer­tai­ne­ment pas à conclure à l’in­ter­dic­tion des IA de recom­man­da­tion. Néan­moins, elle sou­lève des ques­tions ver­ti­gi­neuses sur les inves­ti­ga­tions qu’il serait judi­cieux de prio­ri­ser pour pro­té­ger leurs 3 mil­liards d’u­ti­li­sa­teurs, et sur l’ap­pli­ca­tion des régle­men­ta­tions déjà en vigueur.

D’au­tant que l’é­tude de Science n’est pas iso­lée. Onze ans plus tôt, le 2 juin 2014, parais­sait déjà dans PNA­Sune étude qui mon­trait cet impact monu­men­tal des IA7. L’in­ter­ven­tion y était éga­le­ment minime. Il s’a­gis­sait de reti­rer du flux de recom­man­da­tion les conte­nus émo­tion­nels posi­tifs ou néga­tifs, avec une pro­ba­bi­li­té entre 10% et 90%. Après une semaine, de manière stu­pé­fiante, le simple retrait d’une frac­tion des conte­nus émo­tion­nels d’un type modi­fiait le com­por­te­ment des uti­li­sa­teurs confor­mé­ment à ce retrait. Autre­ment dit, moins les uti­li­sa­teurs voyaient de conte­nus néga­tifs, moins les conte­nus qu’ils publiaient étaient néga­tifs. De manière tout aus­si frap­pante, réduire les conte­nus émo­tion­nels, posi­tifs ou néga­tifs, rédui­sait d’en­vi­ron 5 écarts-types l’ac­ti­vi­té des utilisateurs.

Nul doute que ce der­nier résul­tat est l’ob­jet d’ob­ser­va­tions récur­rentes de tous les réseaux sociaux, sachant que l’en­ga­ge­ment des uti­li­sa­teurs est direc­te­ment lié à la capa­ci­té des pla­te­formes à leur mon­trer des publi­ci­tés ultra-ciblées. Or, on parle ici d’un mar­ché de cen­taines de mil­liards de dol­lars par an, dix fois plus que celui des chat­bots aujourd’­hui. Mal­gré des finan­ce­ments cir­cu­laires dou­teux, Ope­nAI déclare en effet « seule­ment » 20 mil­liards de dol­lars de chiffres d’affaires en 2025. Une goutte d’eau en com­pa­rai­son des 201 mil­liards de Meta. Vu les mon­tants en jeu, il n’est alors pas éton­nant de voir les IA de recom­man­da­tion être exces­si­ve­ment opti­mi­sées pour cap­ter les uti­li­sa­teurs. Et ce fai­sant, il faut s’at­tendre à ce qu’elles recom­mandent mas­si­ve­ment des conte­nus extrê­me­ment char­gés émo­tion­nel­le­ment, aus­si bien posi­ti­ve­ment que néga­ti­ve­ment, de sorte à rendre le réseau social aus­si addic­tif que possible.

Détresses psychologiques, désastres humanitaires et déclins démocratiques

Si le desi­gn addic­tif des IA de recom­man­da­tion est aujourd’­hui l’ob­jet de leurs pour­suites judi­ciaires, par la Com­mis­sion euro­péenne et en Cali­for­nie, les élé­ments à charge com­pro­met­tants s’ac­cu­mulent vis-à-vis de leur rôle catas­tro­phique sur le bien-être des uti­li­sa­teurs, la sécu­ri­té de popu­la­tions eth­niques et l’in­té­gri­té des démo­cra­ties. Citons par exemple un son­dage bri­tan­nique révé­lant que près de la moi­tié des jeunes déclarent qu’ils auraient pré­fé­ré gran­dir sans Inter­net8, l’ac­cu­sa­tion par l’O­NU et Amnes­ty Inter­na­tio­nal que Face­book a sciem­ment contri­bué au géno­cide des Rohin­gyas en ampli­fiant mas­si­ve­ment les appels aux meurtres9, et l’an­nu­la­tion des élec­tions pré­si­den­tielles en Rou­ma­nie en 2024 suite à des ingé­rences infor­ma­tion­nelles sur Tik­Tok10.

Les élé­ments à charge com­pro­met­tants s’ac­cu­mulent vis-à-vis de leur rôle catas­tro­phique sur le bien-être des uti­li­sa­teurs, la sécu­ri­té de popu­la­tions eth­niques et l’in­té­gri­té des démocraties. 

Au-delà d’une cor­ré­la­tion frap­pante entre l’a­dop­tion mas­sive des réseaux sociaux autour de 2012 et l’é­vo­lu­tion inquié­tante des indi­ca­teurs, comme le taux d’anxiété et de dépres­sion chez les jeunes11, le nombre de morts dans des guerres12 et l’in­dice de démo­cra­tie libé­rale13, on peut iden­ti­fier de nom­breuses caté­go­ries argu­men­taires pré­oc­cu­pantes sur les dif­fé­rents impacts néga­tifs des réseaux sociaux, comme la parole des vic­times et des témoins, les études épi­dé­mio­lo­giques14, les essais cli­niques ran­do­mi­sés15, les expé­riences natu­relles16 et les fuites de docu­ments internes. 

En par­ti­cu­lier, à l’ins­tar de cas anté­rieurs de mar­chands du doute sur le tabac, le pétrole, le sucre, les pes­ti­cides, les PFAS, etc., ces docu­ments internes révèlent que les indus­triels ont conclu que leurs pro­duits étaient nocifs, par­fois plu­sieurs décen­nies avant que les cher­cheurs en viennent par eux-mêmes à cette conclu­sion. Les Face­book Files en par­ti­cu­lier, révé­lés par la lan­ceuse d’a­lerte Frances Hau­gen en 2021, sont extrê­me­ment com­pro­met­tants vis-à-vis des impli­ca­tions catas­tro­phiques des IA de recom­man­da­tion pour la san­té men­tale des jeunes filles, pour la qua­li­té du jour­na­lisme et pour le dis­cours des poli­tiques, pous­sant notam­ment ces der­niers à adop­ter sys­té­ma­ti­que­ment des tons clivants. 

Or, contrai­re­ment aux autres indus­tries, les géants du numé­rique ont l’a­van­tage de dis­po­ser d’une influence monu­men­tale sur la recherche aca­dé­mique17 et d’un mono­pole des don­nées com­pro­met­tantes, qu’ils cherchent acti­ve­ment à pro­té­ger même dans un cadre juri­dique. Dans ce contexte, tout scien­ti­fique qui affirme « on n’a pas prou­vé que » sans pré­ci­ser que l’ab­sence de preuve est ali­men­tée par l’o­pa­ci­té volon­taire des accu­sés me semble pro­po­ser une inter­pré­ta­tion pro­blé­ma­tique, et peut-être même irres­pon­sable, de l’é­tat des connais­sances sur les rela­tions com­plexes entre la science et les industriels.

Au contraire, vu la mon­tagne d’élé­ments à charge com­pro­met­tants vis-à-vis des géants du numé­rique et de leurs IA de recom­man­da­tion, et sachant de sur­croît leur inquié­tante proxi­mi­té avec l’au­to­ri­ta­risme chi­nois18 ou avec un pou­voir états-unien qua­li­fié de néo­co­lo­nial par le Pré­sident Macron, il semble être deve­nu judi­cieux d’in­ves­tir mas­si­ve­ment dans la concep­tion d’al­ter­na­tives sou­ve­raines et conformes aux normes démo­cra­tiques, comme le pro­posent des pro­jets comme EU OSFra­ma­SoftMas­to­donEuroS­ky ou Tour­ne­sol, un pro­jet non lucra­tif spé­cia­li­sé dans la concep­tion d’IA de recom­man­da­tion au ser­vice de l’in­té­rêt géné­ral. Ain­si que d’a­dop­ter un ton radi­ca­le­ment plus accu­sa­teur, comme l’a fait la Com­mis­sion euro­péenne pour TikTok.

1https://​digi​tal​-stra​te​gy​.ec​.euro​pa​.eu/​e​n​/​n​e​w​s​/​c​o​m​m​i​s​s​i​o​n​-​p​r​e​l​i​m​i​n​a​r​i​l​y​-​f​i​n​d​s​-​t​i​k​t​o​k​s​-​a​d​d​i​c​t​i​v​e​-​d​e​s​i​g​n​-​b​r​e​a​c​h​-​d​i​g​i​t​a​l​-​s​e​r​v​i​c​e​s-act
2https://​www​.assem​blee​-natio​nale​.fr/​d​y​n​/​1​7​/​t​e​x​t​e​s​/​l​1​7​t​0​2​1​7​_​t​e​x​t​e​-​a​d​o​p​t​e​-​p​r​o​v​i​s​o​i​r​e.pdf
3https://​www​.rts​.ch/​i​n​f​o​/​m​o​n​d​e​/​2​0​2​6​/​a​r​t​i​c​l​e​/​p​r​o​c​e​s​-​m​e​t​a​-​e​t​-​y​o​u​t​u​b​e​-​a​c​c​u​s​e​s​-​d​e​-​c​r​e​e​r​-​l​-​a​d​d​i​c​t​i​o​n​-​c​h​e​z​-​l​e​s​-​j​e​u​n​e​s​-​2​9​1​4​5​7​4​1​.html
4https://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​C​o​m​m​u​n​i​c​a​t​i​o​n​s​_​D​e​c​e​n​c​y​_​A​c​t​#​S​e​c​t​i​o​n_230
5https://​www​.science​.org/​d​o​i​/​1​0​.​1​1​2​6​/​s​c​i​e​n​c​e​.​a​d​u5584
6https://​eur​-lex​.euro​pa​.eu/​l​e​g​a​l​-​c​o​n​t​e​n​t​/​F​R​/​T​X​T​/​H​T​M​L​/​?​u​r​i​=​O​J​:​L​_​2​0​2​4​0​1​6​8​9​#​c​pt_II
7https://​www​.pnas​.org/​d​o​i​/​1​0​.​1​0​7​3​/​p​n​a​s​.​1​3​2​0​0​40111
8https://​www​.the​guar​dian​.com/​t​e​c​h​n​o​l​o​g​y​/​2​0​2​5​/​m​a​y​/​2​0​/​a​l​m​o​s​t​-​h​a​l​f​-​o​f​-​y​o​u​n​g​-​p​e​o​p​l​e​-​w​o​u​l​d​-​p​r​e​f​e​r​-​a​-​w​o​r​l​d​-​w​i​t​h​o​u​t​-​i​n​t​e​r​n​e​t​-​u​k​-​s​t​u​d​y​-​finds
9https://​www​.amnes​ty​.org/​e​n​/​l​a​t​e​s​t​/​n​e​w​s​/​2​0​2​2​/​0​9​/​m​y​a​n​m​a​r​-​f​a​c​e​b​o​o​k​s​-​s​y​s​t​e​m​s​-​p​r​o​m​o​t​e​d​-​v​i​o​l​e​n​c​e​-​a​g​a​i​n​s​t​-​r​o​h​i​n​g​y​a​-​m​e​t​a​-​o​w​e​s​-​r​e​p​a​r​a​t​i​o​n​s​-​n​e​w​-​r​e​port/
10https://​www​.sgd​sn​.gouv​.fr/​f​i​l​e​s​/​f​i​l​e​s​/​P​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​s​/​2​0​2​5​0​2​0​4​_​N​P​_​S​G​D​S​N​_​V​I​G​I​N​U​M​_​R​a​p​p​o​r​t​_​p​u​b​l​i​c​_​E​l​e​c​t​i​o​n​s​_​r​o​u​m​a​n​i​e​_​r​i​s​q​u​e​s​_​f​r​a​n​c​e​_​V​F​F.pdf
11https://​jona​than​haidt​.com/​s​o​c​i​a​l​-​m​edia/
12https://ourworldindata.org/explorers/countries-in-conflict-data?tab=line&country=~OWID_WRL&Measure=Conflict+deaths&Conflict+type=All+armed+conflicts&Conflict+sub-type=Across+all+sub-types
13https://v‑dem.net/documents/61/v‑dem-dr__2025_lowres_v2.pdf
14https://​pub​med​.ncbi​.nlm​.nih​.gov/​3​1​5​0​9167/
15https://​www​.scien​ce​di​rect​.com/​s​c​i​e​n​c​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​p​i​i​/​S​2​6​6​6​5​6​0​3​2​5​0​00714
16https://​pub​med​.ncbi​.nlm​.nih​.gov/​3​5​8​3​3231/
17https://​dl​.acm​.org/​d​o​i​/​1​0​.​1​1​4​5​/​3​4​6​1​7​0​2​.​3​4​62563
18https://jss.fr/post/TikTok_:_une_enquete_du_Senat_confirme_le_lien_entre_l’application_et_le_gouvernement_chinois-3604

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