9_construction
Accueil / Dossiers / Industrie / Décarbonation de la construction : les leçons du terrain et les pièges à éviter
π Industrie π Planète

Décarbonation de la construction : les leçons du terrain et les pièges à éviter

3 épisodes
  • 1
    Décarboner le secteur du bâtiment… sans déporter le problème
  • 2
    Pourquoi les matériaux bas carbone ne sont qu’un levier parmi d’autres
  • 3
    Rénovation thermique : un écart de 50 % entre les performances anticipées et celles mesurées
Épisode 1/3
Le 31 mars 2026
4 min. de lecture
_DSC4716
Adélaïde Feraille
professeure spécialiste des ACV à l’échelle des matériaux et ouvrages à l’École nationale des ponts et chaussées (IP Paris)
Valérie Desauziers
Valérie Desauziers
professeure à l’IMT Mines Alès à l’Institut des sciences analytiques et de physico-chimie pour l’environnement et les matériaux (IPREM)

En bref

  • L'analyse du cycle de vie (ACV) est le seul outil évaluant l'ensemble des impacts environnementaux d'un bâtiment, bien au-delà des seules émissions de GES.
  • Certaines solutions « vertes » peuvent déplacer le problème : des tapis recyclés émettent des substances toxiques, montrant que décarbonation et santé ne vont pas toujours de pair.
  • L'économie circulaire présente les mêmes risques : des matériaux réemployés peuvent contenir des insecticides interdits, malgré une démarche vertueuse pour le climat.
  • Des matériaux biosourcés offrent de vrais cobénéfices, comme une faible empreinte énergétique, la disponibilité locale et la régulation des polluants intérieurs.
  • Il n'existe pas de solution miracle : l'ACV guide les choix en comparant toutes les alternatives, et la sobriété reste le principe universel de tout projet de construction.
Épisode 2/3
Le 1 juin 2026
5 min. de lecture
Matthieu Vandamme_VF
Matthieu Vandamme
professeur de l’École nationale des ponts et chaussées (IP Paris)

En bref

  • La décarbonation du bâtiment repose sur plusieurs leviers combinés : sobriété, conception optimisée, réhabilitation prioritaire sur la démolition, et matériaux innovants.
  • Réduire la teneur en clinker est la voie la plus efficace : les nouveaux ciments, comme le LC3, atteignent 50% de clinker contre 75% dans les formulations traditionnelles.
  • Un béton mal formulé peut émettre 4 fois plus de CO₂ qu'un béton optimisé — éviter le surdosage en ciment permettrait d'économiser 30 à 50% des émissions.
  • Le béton ne peut pas être abandonné, mais il peut être combiné avec des matériaux alternatifs, comme le bois, la pierre ou la terre crue.
  • Le captage du CO2 reste immature (50 millions de tonnes captées pour 2 milliards émises) et doit être réservé en dernier recours.
Épisode 3/3
Le 21 avril 2026
4 min. de lecture
Louis-Gaëtan Giraudet
Louis-Gaëtan Giraudet
directeur de recherche à l’École nationale des ponts et chaussées (IP Paris)

En bref

  • En 2024, la consommation d’énergie liée à l’exploitation des bâtiments – chauffage, climatisation, etc. – représente 45 % de la consommation d’énergie finale en France. La majorité provient du parc résidentiel.
  • Comme le montrent les données de l’Insee, il existe en moyenne un écart de 50 % entre les performances énergétiques anticipées lors d’une rénovation et celles effectivement mesurées.
  • Le problème n'est pas le montant des budgets, mais leur mauvaise répartition : cibler locataires et propriétaires d'appartements serait plus efficient qu'aider uniquement les maisons individuelles.
  • La solution : identifier et accompagner proactivement les ménages prioritaires, pour des rénovations moins nombreuses, mais bien plus efficaces.