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La confiance en la science à l'épreuve de ses fronts de résistance

3 épisodes
  • 1
    Pourquoi les électeurs MAGA ne font-ils plus confiance à la communauté scientifique ?
  • 2
    Crise de confiance dans la science : autopsie d’une inquiétude récurrente
  • 3
    À l’ère de l’hyper-connexion et de l’ultra-segmentation, comment communiquer entre humains ?
Épisode 1/3
Le 31 mars 2026
7 min. de lecture
Olivier Nay_VF
Olivier Nay
professeur de science politique à l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne et professeur associé à Columbia University

En bref

  • La droite américaine était historiquement favorable aux sciences, mais le mouvement MAGA a développé une méfiance croissante envers les institutions scientifiques depuis les années 2000.
  • Cette méfiance résulte de trois courants : un mouvement anti-étatiste hostile à la régulation, une droite évangélique ultraconservatrice, et un électorat populiste voyant dans la science un intellectualisme élitiste.
  • Les universités sont perçues par le camp MAGA comme des sanctuaires progressistes, un narratif amplifié par Fox News et désormais traduit en attaques concrètes de l'administration fédérale.
  • Paradoxalement, le mouvement MAGA n'est pas anti-technologie : il porte un fort « techno-populisme », voyant dans le numérique un outil d'émancipation face aux élites.
  • Pour reconstruire la confiance, trois leviers sont identifiés : renforcer l'éducation aux sciences, impliquer les citoyens dans la recherche, et réguler les plateformes sociales qui fragmentent le débat public.
Épisode 2/3
Le 24 mars 2026
7 min. de lecture
Hugo Mercier_VF
Hugo Mercier
directeur de recherche CNRS, spécialiste de sciences cognitives à l’Institut Jean Nicod
Ben Seyd_VF
Ben Seyd
politologue à l'Université du Kent

En bref

  • On observe dans le débat public un questionnement récurrent autour de la crise de confiance dans la science, qui serait mise en danger par le complotisme et une irrationalité grandissante.
  • Pourtant, 80 % des Français feraient confiance dans la science, et une étude conclut à une confiance élevée dans la science à l’échelle globale.
  • Selon une étude, les niveaux les plus hauts de confiance dans la science s’établissent en Égypte et en Inde ; la France serait légèrement au-dessous de la moyenne.
  • Contrairement aux préjugés, en France, les chiffres suggèrent une certaine stabilité dans le temps de la confiance dans la science, à l’instar des États-Unis, bien que les républicains soient plus enclins à la défiance que les démocrates.
  • En général, la confiance dans la science ne dépend pas de l’orientation politique, mais l’adhésion à certaines thèses peut être corrélée à la sensibilité partisane.
Épisode 3/3
Le 7 avril 2026
6 min. de lecture
Dominique Wolton_VF
Dominique Wolton
sociologue en science de la communication, directeur de recherche au CNRS et directeur de la revue internationale Hermès

En bref

  • La communication est une négociation qui peut passer par l’incommunication (ne pas réussir à se faire comprendre) dont le risque est de déboucher à l’acommunication (une rupture de l’échange).
  • La communication est une condition de la cohabitation pacifique entre individus et groupes différents. Sans elle, c’est l’indifférence et la guerre.
  • Penser que la communication revient à informer n’est pas neutre, car cette conception postule que le récepteur est nécessairement passif, et donc potentiellement aliéné.
  • Une vision illusoire de la communication est d’imaginer que davantage d’information mène à plus de vérité et que, ainsi, cela justifie l’augmentation du nombre de moyens de communication dans un objectif de mieux se comprendre.
  • L’ONU, comme l’Europe, sont des réussites de la communication, car ce sont des États qui parviennent à cohabiter et à co-construire malgré leurs différends.