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Droits de douane, monopoles, prédation : quelle théorie derrière le capitalisme de la finitude ?

Arnaud Orain_VF
Arnaud Orain
directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS)
En bref
  • Le capitalisme de la finitude repose sur l’idée que le gâteau ne peut pas croître pour tout le monde.
  • Le FMI, dans ses Perspectives de l’économie mondiale soulignait que l'accroissement des barrières douanières et l’imprévisibilité des politiques commerciales étaient de nature à peser sur la croissance à court comme à long terme.
  • Dans les périodes de capitalisme de la finitude apparaissent de grands monopoles qui exercent à la fois des fonctions économiques et des prérogatives souveraines.
  • L’émergence de la Chine comme rival systémique et les ambitions impériales d’autres puissances rendent impossible le maintien du modèle des années 1990 et 2000.
  • Il devient très difficile de maintenir les niveaux actuels de consommation tout en évitant la destruction des écosystèmes.

En avril 2025, l’Organisation mon­diale du com­merce a net­te­ment revu à la baisse ses pré­vi­sions concer­nant les échanges inter­na­tio­naux. Selon son scé­na­rio de réfé­rence, le volume du com­merce mon­dial de mar­chan­dises devrait se contrac­ter de 0,2 % en 2025, soit un dif­fé­ren­tiel de près de trois points par rap­port à une confi­gu­ra­tion de faibles droits de douane. L’OMC a par ailleurs pré­ci­sé qu’une inten­si­fi­ca­tion des ten­sions com­mer­ciales pour­rait accen­tuer ce recul, le por­tant poten­tiel­le­ment à 1,5 %1. Le FMI, dans ses Pers­pec­tives de l’économie mon­diale parues le même mois, sou­li­gnait de son côté que l’ac­crois­se­ment des bar­rières doua­nières et l’imprévisibilité des poli­tiques com­mer­ciales étaient de nature à peser sur la crois­sance à court comme à long terme2.

Ces pro­jec­tions s’inscrivent dans une période où le pro­tec­tion­nisme n’ap­pa­raît plus comme un recours ponc­tuel, mais comme une com­po­sante struc­tu­relle. Les droits de douane, les res­tric­tions à l’exportation, les sub­ven­tions indus­trielles, ain­si que les stra­té­gies de sécu­ri­sa­tion des appro­vi­sion­ne­ments et d’ac­cès aux matières pre­mières cri­tiques, occupent désor­mais une place cen­trale dans la conduite des poli­tiques éco­no­miques. Au prin­temps 2026, l’Union euro­péenne a par exemple accé­lé­ré la mise en œuvre de l’accord avec le Mer­co­sur, dans un contexte mar­qué par des fric­tions com­mer­ciales avec les États-Unis et la recherche de mar­chés alter­na­tifs3. Peu après, Washing­ton annon­çait le relè­ve­ment des droits de douane sur les voi­tures et camions euro­péens, pas­sant de 15 % à 25 %, illus­trant la per­sis­tance des ten­sions trans­at­lan­tiques4.

C’est dans ce cadre d’a­na­lyse qu’Arnaud Orain ins­crit la notion de « capi­ta­lisme de la fini­tude ». Éco­no­miste et his­to­rien, direc­teur d’études à l’EHESS rat­ta­ché au Centre de recherches his­to­riques, ses tra­vaux portent sur l’histoire intel­lec­tuelle de l’économie et les confi­gu­ra­tions anciennes du mer­can­ti­lisme5. Dans son ouvrage Le Monde confis­qué. Essai sur le capi­ta­lisme de la fini­tude6, il exa­mine plu­sieurs séquences his­to­riques durant les­quelles les États et les grandes entre­prises struc­turent l’accès aux res­sources, aux réseaux de trans­port et aux infra­struc­tures au sein d’un envi­ron­ne­ment per­çu comme fini.

Figure 1 : PIB par habi­tant entre dif­fé­rentes régions du monde, de 1820 à 2022. Source : Our World in Data (2024), don­nées issues du Mad­di­son Pro­ject Data­base 2023, Bolt & van Zan­den7

Vous employez le concept de « capitalisme de la finitude » pour décrire notre période ; qu’est-ce qui le distingue fondamentalement du capitalisme classique, qui repose théoriquement sur l’idée d’expansion indéfinie des marchés, de la croissance et de l’abondance potentielle des ressources ?

J’ai essayé de carac­té­ri­ser notre période, mais aus­si d’autres périodes pas­sées, en élar­gis­sant ce qu’on appelle géné­ra­le­ment le « mer­can­ti­lisme ». Mon objec­tif a été de théo­ri­ser un mer­can­ti­lisme qui dépasse le moment où on le can­tonne habi­tuel­le­ment, entre le XVIe et le XVIIIe siècle. L’idée est en fait d’opposer deux formes de capitalisme.

D’un côté, un capi­ta­lisme libé­ral fon­dé sur l’idée que le gâteau des richesses peut croître pour tous, indi­vi­dus, entre­prises et États, à condi­tion de res­pec­ter le prin­cipe concur­ren­tiel et la théo­rie des avan­tages com­pa­ra­tifs de David Ricar­do. Cha­cun se spé­cia­lise là où il est rela­ti­ve­ment le plus effi­cace, les échanges se déve­loppent et tout le monde y gagne. Cela sup­pose de limi­ter les droits de douane, de lut­ter contre les mono­poles, les car­tels et les abus de posi­tion domi­nante, et d’éviter les pri­vi­lèges accor­dés à cer­taines firmes. Cela sup­pose aus­si la liber­té de cir­cu­la­tion, notam­ment mari­time, garan­tie par une puis­sance hégé­mo­nique capable d’assurer la sécu­ri­té des échanges dans un hori­zon rela­ti­ve­ment pacifié.

À l’inverse, le capi­ta­lisme de la fini­tude repose sur l’idée que le gâteau ne peut pas croître pour tout le monde. Dans ce cas, il faut s’approprier la part des autres. Cela implique des ins­tru­ments oppo­sés au prin­cipe concur­ren­tiel, comme des droits de douane éle­vés, la relo­ca­li­sa­tion des chaînes de valeur, la consti­tu­tion de mono­poles puis­sants capables de négo­cier en posi­tion de force, et le recours à la colo­ni­sa­tion for­melle ou infor­melle pour s’approprier terres et res­sources. Cela passe aus­si par la car­té­li­sa­tion, les trusts et une forme de pré­da­tion mili­ta­ri­sée avec une forte imbri­ca­tion entre le civil et le mili­taire. On orga­nise alors les échanges non plus de manière mul­ti­la­té­rale mais à l’intérieur de ce que j’appelle des silos impé­riaux, en pri­vi­lé­giant les par­te­naires proches, alliés ou dépendants.

Les leviers opé­ra­tion­nels du capi­ta­lisme de la fini­tude : vers une ges­tion contrainte des res­sources et des flux :
 
 
- Mul­ti­pli­ca­tion des accords bila­té­raux pour l’accès aux matières pre­mières cri­tiques.
- Réor­ga­ni­sa­tion des chaînes de valeur en fonc­tion de cri­tères géo­po­li­tiques.
- Déploie­ment de poli­tiques indus­trielles ciblées dans les sec­teurs stra­té­giques.
- Mise en place de res­tric­tions sur cer­taines expor­ta­tions tech­no­lo­giques.
 
Ces évo­lu­tions tra­duisent une recom­po­si­tion par­tielle des échanges inter­na­tio­naux autour d’enjeux de sécurisation.

Vous montrez que ce capitalisme réapparaît par grandes séquences historiques (l’époque mercantiliste des XVIᵉ-XVIIIᵉ siècles, la phase impériale de 1880 à 1945, puis la période ouverte depuis les années 2010) ; qu’est-ce que cette récurrence révèle sur les contradictions internes du capitalisme ?

Le capi­ta­lisme est né sous une forme de capi­ta­lisme de la fini­tude, avec le mer­can­ti­lisme. Il ne naît pas du tout avec l’idéologie libé­rale, mais avec des ins­tru­ments de coer­ci­tion et dans un contexte où le gâteau des richesses est per­çu comme limi­té. Ce sys­tème génère rapi­de­ment des riva­li­tés entre puis­sances de force com­pa­rable, comme les Pro­vinces-Unies, la France et la Grande-Bre­tagne. Le conflit entre la France et la Grande-Bre­tagne au XVIIIe siècle débouche sur la vic­toire bri­tan­nique, qui impose ensuite la Pax Bri­tan­ni­ca au XIXe siècle, avec la liber­té des mers et la pro­mo­tion du libre-échange.

Mais le capi­ta­lisme libé­ral pro­duit à son tour ses propres contra­dic­tions. Il per­met l’émergence de nou­veaux rivaux sys­té­miques qui pro­fitent de cette ouver­ture pour se déve­lop­per, comme l’Allemagne au XIXe siècle ou la Chine à la fin du XXe et au début du XXIe siècle. Ces puis­sances mon­tantes uti­lisent les règles du libre-échange pour ren­for­cer leur indus­trie, leur puis­sance mari­time et leurs mar­chés extérieurs.

À par­tir d’un cer­tain moment, cela devient pro­blé­ma­tique pour la puis­sance domi­nante. On passe alors d’une situa­tion de com­plé­men­ta­ri­té à une riva­li­té. C’est ce qui se pro­duit aujourd’hui avec la Chine, qui est deve­nue un rival sys­té­mique des États-Unis. Elle pro­duit désor­mais dans des sec­teurs de haute tech­no­lo­gie et à des coûts plus faibles, ce qui remet en cause la posi­tion domi­nante amé­ri­caine.

On revient alors à un capi­ta­lisme de la fini­tude, avec le retour des droits de douane, des sub­ven­tions, des mono­poles, des relo­ca­li­sa­tions et du contrôle des chaînes de valeur. Le libre-échange ne convient plus aux gagnants d’hier, qui cherchent à chan­ger les règles du jeu.

Les cycles du capi­ta­lisme de la fini­tude : une pers­pec­tive his­to­rique des riva­li­tés de puis­sance :
 
- Période mer­can­ti­liste (XVIe–XVIIIe siècles).
- Riva­li­tés indus­trielles et impé­riales (fin XIXe–milieu XXe siècle).
- Recon­fi­gu­ra­tions contem­po­raines depuis les années 2010.
 
Dans ces phases, la concur­rence entre puis­sances tend à struc­tu­rer dura­ble­ment les rela­tions économiques.

Dans votre analyse, on passe d’un capitalisme centré sur la production et l’ouverture des marchés à un capitalisme fondé sur le verrouillage des accès, qu’il s’agisse des routes maritimes, des matières premières, des terres ou des infrastructures stratégiques ; à partir de quel basculement historique cette logique de prédation devient-elle plus structurante que celle de l’expansion ?

Le bas­cu­le­ment inter­vient lorsque des puis­sances de force com­pa­rable entrent en concur­rence directe. Dans cette situa­tion, il devient dif­fi­cile de conti­nuer à com­mer­cer dans un cadre mul­ti­la­té­ral fon­dé sur les avan­tages com­pa­ra­tifs. Les États cherchent alors à s’approprier direc­te­ment des routes com­mer­ciales, des mar­chés et des res­sources. Ils tentent de consti­tuer ou de recons­ti­tuer des silos impé­riaux en contrô­lant des détroits, des infra­struc­tures, des ter­ri­toires ou des pays. Cela peut pas­ser par des inves­tis­se­ments, comme dans le cadre des nou­velles routes de la soie chi­noises, avec la construc­tion de ports, des accords bila­té­raux ou des prêts. Mais cela peut pas­ser par une pré­da­tion beau­coup plus coer­ci­tive, comme pour les États-Unis avec le canal de Pana­ma, le Vene­zue­la, l’Iran, demain peut-être le Groen­land. L’objectif est de sécu­ri­ser des dépen­dances et de struc­tu­rer un espace éco­no­mique fer­mé autour de soi.

Vous insistez sur le rôle de grandes puissances privées dotées de prérogatives quasi souveraines (hier les compagnies coloniales comme la Compagnie anglaise des Indes orientales, aujourd’hui certaines firmes du numérique, de la logistique, de l’énergie ou même du spatial) ; où placez-vous la frontière entre puissance économique privée et exercice réel de la souveraineté politique ?

Dans les périodes de capi­ta­lisme de la fini­tude appa­raissent de grands mono­poles qui exercent à la fois des fonc­tions éco­no­miques et des pré­ro­ga­tives sou­ve­raines. His­to­ri­que­ment, c’était le cas des com­pa­gnies des Indes, qui pou­vaient faire la guerre, signer des trai­tés, lever des impôts ou admi­nis­trer des ter­ri­toires. Aujourd’hui, on observe un phé­no­mène com­pa­rable avec cer­taines grandes entre­prises comme celles du numé­rique ou du spa­tial. Elles entre­tiennent une rela­tion étroite avec les États, notam­ment en obte­nant des contrats publics, ce qui les intègre par­tiel­le­ment à la sou­ve­rai­ne­té éta­tique. Mais elles déve­loppent aus­si leur propre logique de puis­sance. Cer­taines se per­çoivent comme des qua­si-États, dis­po­sant d’infrastructures stra­té­giques comme des satel­lites, des câbles sous-marins ou des pla­te­formes numé­riques qui struc­turent l’espace public. Elles peuvent inter­ve­nir dans des domaines tra­di­tion­nel­le­ment réga­liens, comme les conflits ou les com­mu­ni­ca­tions glo­bales. Cela crée une situa­tion à la fois de com­plé­men­ta­ri­té et de riva­li­té avec les États. Comme les com­pa­gnies des Indes autre­fois, ces entre­prises par­ti­cipent à l’exercice de la sou­ve­rai­ne­té tout en pour­sui­vant leurs propres inté­rêts, par­fois en contra­dic­tion avec ceux des gou­ver­ne­ments aux­quels elles sont liées.

Acteurs pri­vés et infra­struc­tures : les nou­veaux vec­teurs de puis­sance du capi­ta­lisme de la fini­tude :
 
 
- Infra­struc­tures cri­tiques opé­rées par des acteurs pri­vés
(réseaux de don­nées, ser­vices cloud, câbles sous-marins, constel­la­tions de satel­lites).
- Inter­ven­tion dans des contextes sen­sibles
(four­ni­ture de com­mu­ni­ca­tions, d’imagerie ou de ser­vices tech­niques dans des zones de ten­sion ou de conflit).
- Influence sur les normes et stan­dards tech­niques
(par­ti­ci­pa­tion à la défi­ni­tion des archi­tec­tures numé­riques, des pro­to­coles ou des éco­sys­tèmes technologiques.)

Ces capa­ci­tés d’action contri­buent à dépla­cer une par­tie des leviers de puis­sance en dehors du cadre stric­te­ment étatique.

Le retour des droits de douane et des politiques industrielles remet-il en cause durablement la mondialisation ouverte ou s’agit-il d’une parenthèse ?

C’est un phé­no­mène struc­tu­rel. Nous ne revien­drons pas à la mon­dia­li­sa­tion dite « heu­reuse ». L’émergence de la Chine comme rival sys­té­mique et les ambi­tions impé­riales d’autres puis­sances rendent impos­sible le main­tien du modèle des années 1990 et 2000. Le monde qui se des­sine est celui des droits de douane, des silos impé­riaux, des mono­poles et de la com­pé­ti­tion pour l’accès aux res­sources. Cette dyna­mique devrait se pour­suivre dans les années et les décen­nies à venir, avec un état per­ma­nent « ni guerre ni paix » incom­pa­tible avec les prin­cipes pré­cé­dents de la mondialisation.

Quelle réponse politique crédible permettrait de sortir de cette logique sans simplement redistribuer la domination entre acteurs ?

La réponse est dif­fi­cile. Il s’agit d’abord de se pro­té­ger face aux grandes puis­sances impé­riales, notam­ment pour l’Union euro­péenne, en étant capable de leur tenir tête. Cela sup­pose une décar­bo­na­tion rapide de l’économie. Mais cela implique aus­si une forme de réduc­tion de cer­taines pro­duc­tions et consom­ma­tions, en par­ti­cu­lier éner­gé­tiques, pour limi­ter la pré­da­tion sur les res­sources et les ter­ri­toires, notam­ment dans le Sud glo­bal. Le pro­blème est que la recherche de sou­ve­rai­ne­té peut conduire à relo­ca­li­ser des acti­vi­tés extrac­tives en Europe, avec des consé­quences envi­ron­ne­men­tales impor­tantes. Il devient alors très dif­fi­cile de main­te­nir les niveaux actuels de consom­ma­tion tout en évi­tant la des­truc­tion des éco­sys­tèmes. La dif­fi­cul­té poli­tique consiste donc à trou­ver un équi­libre entre la néces­si­té de se pro­té­ger dans un contexte de riva­li­tés impé­riales et celle de ne pas repro­duire soi-même ces logiques de domi­na­tion et de prédation.

Propos recueillis par Aicha Fall
1XOrga­ni­sa­tion mon­diale du com­merce. 2025. Glo­bal Trade Out­look and Sta­tis­tics, April 2025 https://​www​.wto​.org/​e​n​g​l​i​s​h​/​r​e​s​_​e​/​b​o​o​k​s​p​_​e​/​t​r​a​d​e​_​o​u​t​l​o​o​k​2​5​_​e.pdf
2Fonds moné­taire inter­na­tio­nal. 2025. World Eco­no­mic Out­look. A Cri­ti­cal Junc­ture amid Poli­cy Shifts, April 2025https://​www​.imf​.org/​-​/​m​e​d​i​a​/​f​i​l​e​s​/​p​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​s​/​w​e​o​/​2​0​2​5​/​a​p​r​i​l​/​e​n​g​l​i​s​h​/​t​e​x​t.pdf
3Reu­ters. 2026. EU kicks­tarts Mer­co­sur pact to coun­ter US trade hit, 30 avril 2026https://www.reuters.com/world/china/eu-kickstarts-mercosur-pact-counter-us-trade-hit-2026–04-30/
4XLe Monde. 2026. Trump rei­gnites trade war with Europe amid ten­sions over Iran, 2 mai 2026https://​www​.lemonde​.fr/​e​n​/​e​c​o​n​o​m​y​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​2​6​/​0​5​/​0​2​/​t​r​u​m​p​-​r​e​i​g​n​i​t​e​s​-​t​r​a​d​e​-​w​a​r​-​w​i​t​h​-​e​u​r​o​p​e​-​a​m​i​d​-​t​e​n​s​i​o​n​s​-​o​v​e​r​-​i​r​a​n​_​6​7​5​3​0​5​8​_​1​9​.html
5EHESS, Fiche Arnaud Orain, Centre de recherches his­to­riqueshttps://​crh​.ehess​.fr/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?7544
6Orain Arnaud, 2025. Le Monde confis­qué. Essai sur le capi­ta­lisme de la fini­tude, Flam­ma­rion
7Ce gra­phique met en évi­dence l’augmentation du PIB par habi­tant sur longue période et les écarts per­sis­tants entre grandes régions du monde. Il illustre la phase d’expansion du capi­ta­lisme indus­triel, mais aus­si les dés­équi­libres struc­tu­rels qui nour­rissent aujourd’hui les riva­li­tés éco­no­miques, dans un contexte où la crois­sance ne béné­fi­cie pas uni­for­mé­ment à tous les espaces.

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