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π Économie

L’investissement privé peut-il contribuer à la justice climatique mondiale ?

Karina Vil_VF
Karina Vil
étudiante en master à l’École polytechnique (IP Paris)
Joan Delort Ylla_VF
Joan Delort Ylla
ingénieur de recherche à l'École polytechnique (IP Paris)
En bref
  • Actuellement, la crédibilité et l’équité de l’action climatique dépendent de plus en plus de la manière dont les engagements politiques se traduisent dans les systèmes financiers et les flux monétaires.
  • Les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement, qui sont les plus vulnérables au changement climatique, ont perçu moins de 3 % des flux de financement durable suivis.
  • Le décalage entre les engagements politiques et les flux financiers réels n’est pas principalement un déficit de financement : c’est un échec de la gouvernance.
  • Entre 2012 et 2020, la Zambie a émis plus d’un milliard de dollars d’obligations souveraines à haut rendement commercialisées avec des arguments écologiques autour de l’hydroélectricité et du reboisement.
  • Pour réaliser le plein potentiel de l’ESG, il faut prendre en compte la réglementation publique, la conception de la gouvernance et les résultats des négociations internationales.

La réponse mon­diale au chan­ge­ment cli­ma­tique est entrée dans une phase où la cré­di­bi­li­té et l’équité de l’action cli­ma­tique dépendent de plus en plus de la manière dont les enga­ge­ments poli­tiques se tra­duisent dans les sys­tèmes finan­ciers et les flux moné­taires. Depuis l’adoption de l’Accord de Paris, et en par­ti­cu­lier à la suite des résul­tats des COP27, COP28 et COP29, le finan­ce­ment cli­ma­tique a été repen­sé non seule­ment comme une ques­tion d’échelle, mais aus­si comme une ques­tion de jus­tice. La créa­tion du Fonds pour les Pertes et Dom­mages et les négo­cia­tions en cours sur un Nou­vel Objec­tif Col­lec­tif Quan­ti­fié en matière de Finan­ce­ment Cli­ma­tique ont pla­cé les pré­oc­cu­pa­tions de longue date en matière d’équité au cœur de la gou­ver­nance cli­ma­tique mon­diale1. Ces évo­lu­tions reflètent une prise de conscience crois­sante du fait que la jus­tice cli­ma­tique exige de prê­ter atten­tion à la manière dont les res­sources finan­cières sont mobi­li­sées, allouées et gérées, et pas seule­ment aux objec­tifs d’émissions fixés.

Dans ce contexte, l’investissement ESG s’est rapi­de­ment déve­lop­pé en tant que méca­nisme visant à ali­gner les capi­taux pri­vés sur des objec­tifs envi­ron­ne­men­taux et sociaux2. Pour­tant, mal­gré cette expan­sion, de sérieux doutes per­sistent quant à la capa­ci­té des cadres ESG à appor­ter des avan­tages concrets aux régions vul­né­rables au chan­ge­ment cli­ma­tique. Dans la pra­tique, l’allocation des capi­taux ESG reste for­te­ment concen­trée sur des pro­jets d’atténuation à faible risque dans les pays à reve­nu éle­vé, tan­dis que les besoins en matière d’adaptation et de rési­lience dans les pays du Sud res­tent constam­ment sous-finan­cés3. Cet article constate que la finance ESG peut soit sou­te­nir, soit com­pro­mettre la jus­tice cli­ma­tique, selon la manière dont les ins­ti­tu­tions publiques tra­duisent les prin­cipes de la CCNUCC en une gou­ver­nance finan­cière concrète.

Capital ESG : qui en bénéficie et pourquoi

La rela­tion entre l’investissement ESG et la jus­tice cli­ma­tique n’est pas sim­ple­ment une ques­tion de com­pa­ti­bi­li­té ou de contra­dic­tion : elle est struc­tu­rel­le­ment condi­tion­nelle. La pre­mière étape pour com­prendre cela consiste à exa­mi­ner où va réel­le­ment le capi­tal ESG et quelle logique finan­cière sous-tend ces décisions.

Les don­nées empi­riques sur le finan­ce­ment mon­dial de la lutte contre le chan­ge­ment cli­ma­tique révèlent sys­té­ma­ti­que­ment un déca­lage géo­gra­phique et sec­to­riel signi­fi­ca­tif par rap­port aux prio­ri­tés axées sur la jus­tice. Les don­nées de la Cli­mate Poli­cy Ini­tia­tive montrent que le finan­ce­ment mon­dial de la lutte contre le chan­ge­ment cli­ma­tique a atteint envi­ron 1 300 mil­liards de dol­lars par an en 2021–2022, le finan­ce­ment pri­vé repré­sen­tant plus de la moi­tié des flux totaux. La crois­sance rapide des obli­ga­tions vertes et des obli­ga­tion liées au déve­lop­pe­ment durable, dont les émis­sions annuelles dépassent 1 000 mil­liards de dol­lars en 2023, reflète encore davan­tage le fort enga­ge­ment du sec­teur pri­vé. Pour­tant, cette expan­sion a lar­ge­ment sui­vi les logiques de mar­ché exis­tantes plu­tôt que de cor­ri­ger les dés­équi­libres struc­tu­rels. Ces capi­taux se sont lar­ge­ment concen­trés sur des pro­jets d’énergie renou­ve­lable et d’efficacité éner­gé­tique dans les mar­chés à reve­nus éle­vés4, alors que les pays les moins avan­cés et les petits États insu­laires en déve­lop­pe­ment, qui sont les plus vul­né­rables au chan­ge­ment cli­ma­tique, ont per­çu moins de 3 % des flux de finan­ce­ment durable sui­vis. De plus, le finan­ce­ment durable a mas­si­ve­ment favo­ri­sé les pro­jets d’atténuation géné­rant des flux de reve­nus pré­vi­sibles, tan­dis que le finan­ce­ment de l’adaptation, essen­tiel pour faire face aux inon­da­tions, aux séche­resses et à l’insécurité ali­men­taire, repré­sen­tait moins de 10 % du finan­ce­ment cli­ma­tique total5. C’est pour­tant pré­ci­sé­ment dans le finan­ce­ment de l’adaptation que les exi­gences de jus­tice cli­ma­tique sont les plus urgentes.

Les don­nées empi­riques révèlent sys­té­ma­ti­que­ment un déca­lage géo­gra­phique et sec­to­riel signi­fi­ca­tif par rap­port aux prio­ri­tés axées sur la justice

Cette répar­ti­tion géo­gra­phique n’est pas acci­den­telle : elle découle direc­te­ment de la logique finan­cière inhé­rente aux cadres ESG. L’investissement ESG se jus­ti­fie prin­ci­pa­le­ment par la maté­ria­li­té finan­cière, c’est-à-dire le prin­cipe selon lequel l’intégration des risques envi­ron­ne­men­taux, sociaux et de gou­ver­nance amé­liore la per­for­mance à long terme du por­te­feuille, plu­tôt que par des objec­tifs de redis­tri­bu­tion ou d’équité6. En d’autres termes, l’ESG reste orga­ni­sé autour de logiques de risque-ren­de­ment qui cor­res­pondent rare­ment aux prin­cipes de répar­ti­tion énon­cés dans la CCNUCC et les débats sur les Pertes et Dom­mages. En consé­quence, les stra­té­gies ESG favo­risent les pro­jets pré­sen­tant des flux de reve­nus pré­vi­sibles et un risque poli­tique gérable, prin­ci­pa­le­ment dans des juri­dic­tions stables et à reve­nu éle­vé. Les pro­jets d’adaptation et de rési­lience, qui génèrent des béné­fices dif­fus ou non moné­ti­sés et impliquent des risques poli­tiques et moné­taires éle­vés, échappent tota­le­ment à cette logique de sélection.

Lorsque les finan­ce­ments « cli­ma­tiques » par­viennent aux pays vul­né­rables, ils prennent sou­vent la forme d’une dette libel­lée en devises étran­gères dont le ser­vice doit être assu­ré indé­pen­dam­ment des chocs cli­ma­tiques. Cette confi­gu­ra­tion crée le risque que le finan­ce­ment cli­ma­tique devienne un canal sup­plé­men­taire de dépen­dance et d’exploitation si, les condi­tions visant à pré­ser­ver la marge de manœuvre bud­gé­taire et à don­ner la prio­ri­té aux besoins de déve­lop­pe­ment locaux ne sont pas clai­re­ment défi­nies. Le pro­gramme sur les Pertes et Dom­mages met par­ti­cu­liè­re­ment en évi­dence cette limite struc­tu­relle : les Pertes et Dom­mages concernent des pré­ju­dices irré­ver­sibles, ne géné­rant pas de reve­nus et impos­sibles à titri­ser. Autre­ment dit, il s’agit pré­ci­sé­ment du domaine où le finan­ce­ment pri­vé est struc­tu­rel­le­ment inadap­té et où les méca­nismes publics et basés sur des sub­ven­tions res­tent indis­pen­sables7.

Échec de la gouvernance et conditions d’alignement

La deuxième dimen­sion du pro­blème n’est pas finan­cière, mais ins­ti­tu­tion­nelle. Le déca­lage entre les enga­ge­ments poli­tiques et les flux finan­ciers réels n’est pas prin­ci­pa­le­ment un défi­cit de finan­ce­ment : c’est un échec de la gou­ver­nance. Les objec­tifs cli­ma­tiques for­mu­lés dans les forums inter­na­tio­naux sont fil­trés par des logiques de mar­ché qui pri­vi­lé­gient les ren­de­ments ajus­tés au risque, déter­mi­nant ain­si quels pro­jets béné­fi­cient d’un finan­ce­ment et les­quels sont sys­té­ma­ti­que­ment exclus. Les déci­sions de la COP et les prin­cipes de la CCNUCC n’imposent pas, en eux-mêmes, de cadres contrai­gnants au capi­tal pri­vé8. Cela signi­fie qu’un ali­gne­ment for­mel entre les por­te­feuilles ESG et les objec­tifs cli­ma­tiques peut coexis­ter avec des résul­tats pro­fon­dé­ment inégaux dans le monde réel.

Plu­sieurs carac­té­ris­tiques struc­tu­relles expliquent pour­quoi cet écart per­siste. Le recours à des normes volon­taires et à des objec­tifs au niveau des por­te­feuilles per­met aux inves­tis­se­ments label­li­sés ESG de coexis­ter avec une expo­si­tion conti­nue à des acti­vi­tés à fortes émissions.Ce qui affai­blit donc la cré­di­bi­li­té des affir­ma­tions d’alignement, sans néces­sai­re­ment modi­fier les com­por­te­ments d’investissement sous-jacents. Les cadres de publi­ca­tion ESG imposent la trans­pa­rence des risques et desin­di­ca­teurs de per­for­mance, mais la publi­ca­tion seule ne garan­tit pas des résul­tats concrets posi­tifs : le repor­ting peut mettre en évi­dence les défis de dura­bi­li­té sans géné­rer d’incitations au chan­ge­ment, en par­ti­cu­lier lorsque la per­for­mance finan­cière reste dis­so­ciée des résul­tats sociaux ou envi­ron­ne­men­taux9.

Dans le même temps, les méca­nismes de par­tage des risques conçus pour atti­rer les capi­taux pri­vés dans les pays en déve­lop­pe­ment peuvent dépla­cer les charges finan­cières plu­tôt que de les réduire. Tan­dis que les bilans publics absorbent les risques poli­tiques et moné­taires, les inves­tis­seurs pri­vés, eux, conservent sou­vent des ren­de­ments au taux du mar­ché, ce qui sou­lève des inquié­tudes quant à la via­bi­li­té de la dette et à l’appropriation locale. Sans une orien­ta­tion publique forte, le finan­ce­ment pri­vé tend à repro­duire les logiques de mar­ché exis­tantes plu­tôt qu’à les trans­for­mer selon des objec­tifs cli­ma­tiques axés sur l’équité.

Deux cas contras­tés illus­trent concrè­te­ment com­ment la concep­tion des ins­tru­ments et la gou­ver­nance publique déter­minent si le finan­ce­ment ESG sert ou va à l’encontre des objec­tifs de jus­tice cli­ma­tique. Au Ban­gla­desh, le Cré­dit pour un déve­lop­pe­ment vert et rési­lient au chan­ge­ment cli­ma­tique de la Banque mon­diale, d’un mon­tant de 900 mil­lions de dol­lars, a com­bi­né un finan­ce­ment mul­ti­la­té­ral conces­sion­nel avec des garan­ties qui ont ren­du les pro­jets d’adaptation ban­cables pour les co-inves­tis­seurs pri­vés10,11. Le cofi­nan­ce­ment public a absor­bé les risques liés aux inon­da­tions et les risques poli­tiques. De plus, une concep­tion sen­sible au genre a per­mis de garan­tir que les infra­struc­tures, notam­ment les toi­lettes publiques, les centres com­mu­nau­taires et les trans­ports urbains, atteignent les popu­la­tions vul­né­rables. Enfin, des résul­tats concrets ont été inté­grés au Plan Del­ta 2100 à long terme du Ban­gla­desh. Ce cas n’illustre pas un suc­cès ESG auto­nome, mais démontre que le finan­ce­ment ESG peut ser­vir les objec­tifs de jus­tice lorsqu’il opère sous une direc­tion publique forte et une concep­tion déli­bé­rée des instruments.

L’ESG ne peut sou­te­nir des objec­tifs axés sur la jus­tice que de manière condi­tion­nelle et non automatique

L’expérience de la Zam­bie avec les euro-obli­ga­tions « vertes » offre un exemple contras­tant. Entre 2012 et 2020, la Zam­bie a émis plus d’un mil­liard de dol­lars d’obligations sou­ve­raines à haut ren­de­ment com­mer­cia­li­sées avec des argu­ments éco­lo­giques autour de l’hydroélectricité et du reboi­se­ment. Celles-ci ont atti­ré des inves­tis­seurs pri­vés en quête de ren­de­ment, mais ont été mises en œuvre sans normes de taxo­no­mie verte véri­fiées et sans méca­nismes publics de par­tage des risques adé­quats. Lorsque la séche­resse a réduit les recettes de l’hydroélectricité et que le kwa­cha s’est effon­dré, la Zam­bie s’est retrou­vée en défaut de paie­ment en novembre 2020, déclen­chant une crise de la dette sou­ve­raine. Les recettes avaient lar­ge­ment ser­vi à refi­nan­cer la dette exis­tante plu­tôt qu’à finan­cer de nou­velles infra­struc­tures rési­lientes au chan­ge­ment cli­ma­tique, et les coûts de restruc­tu­ra­tion post-défaut ont dépas­sé 400 mil­lions de dol­lars12,13. Ce cas montre qu’en l’absence d’une gou­ver­nance solide, com­pre­nant une véri­fi­ca­tion cré­dible de la taxo­no­mie, une allo­ca­tion trans­pa­rente et la pro­tec­tion de la marge de manœuvre bud­gé­taire sou­ve­raine, les ins­tru­ments label­li­sés « cli­ma­tiques » peuvent extraire de la valeur des pays du Sud, tout en n’apportant que des avan­tages négli­geables en matière d’adaptation. Il ne s’agit pas d’un échec de l’ESG en soi, mais d’un échec de gou­ver­nance ayant des consé­quences concrètes sur la répar­ti­tion des richesses.

Dans l’ensemble, ces cas montrent que les cadres ESG ont créé des outils signi­fi­ca­tifs pour inté­grer le risque cli­ma­tique dans les sys­tèmes finan­ciers, car les obli­ga­tions de divul­ga­tion, les taxo­no­mies de dura­bi­li­té et la fixa­tion d’objectifs de zéro émis­sion nette ont ren­du plus dif­fi­cile pour les grands inves­tis­seurs d’ignorer les expo­si­tions envi­ron­ne­men­tales. Pour­tant, ces contri­bu­tions res­tent limi­tées tant que les normes sont volon­taires, que le green­wa­shing n’est pas sanc­tion­né et que les cri­tères de jus­tice sont absents des cadres régis­sant l’allocation des capi­taux. L’ESG ne peut sou­te­nir des objec­tifs axés sur la jus­tice que de manière condi­tion­nelle et non auto­ma­tique. Or, les condi­tions requises sont d’ordre ins­ti­tu­tion­nel et poli­tique plu­tôt que pure­ment tech­nique14.

Potentiel futur de la finance ESG

L’investissement ESG occupe une posi­tion ambi­va­lente au sein de la gou­ver­nance cli­ma­tique mon­diale : il a ins­ti­tu­tion­na­li­sé les consi­dé­ra­tions cli­ma­tiques dans les pra­tiques finan­cières cou­rantes, mais sous sa forme actuelle, il tend à repro­duire plu­tôt qu’à cor­ri­ger la répar­ti­tion inégale des charges cli­ma­tiques entre le Nord et le Sud. La géo­gra­phie, les condi­tions et les struc­tures de risque de la finance label­li­sée ESG reflètent des inci­ta­tions de mar­ché sous-jacentes qui ne répondent pas auto­ma­ti­que­ment aux prin­cipes de répar­ti­tion énon­cés dans le pro­ces­sus de la CCNUCC et les négo­cia­tions sur les Pertes et Dom­mages. Cela sou­lève une ques­tion cen­trale : dans quelles condi­tions l’investissement ESG contri­bue-t-il à la jus­tice cli­ma­tique plu­tôt que de repro­duire ou d’aggraver les inéga­li­tés existantes ?

La finance pri­vée peut contri­buer à la jus­tice cli­ma­tique, mais uni­que­ment dans des condi­tions ins­ti­tu­tion­nelles qui ne sont pas encore sys­té­ma­ti­que­ment en place. Celles-ci com­prennent le main­tien d’un finan­ce­ment public sous forme de sub­ven­tions pour l’adaptation et les Pertes et Dom­mages, que le capi­tal à but lucra­tif ne peut les rem­pla­cer sans com­pro­mettre les objec­tifs de jus­tice. Une régle­men­ta­tion solide de la finance durable est éga­le­ment néces­saire pour limi­ter le green­wa­shing et intro­duire des cri­tères d’équité expli­cites dans les taxo­no­mies et les règles de divul­ga­tion, sans oublier des méca­nismes de par­tage équi­table des risques dans le finan­ce­ment sou­ve­rain et des infra­struc­tures. Cela per­met­trait que les pays vul­né­rables au chan­ge­ment cli­ma­tique n’absorbent pas les coûts d’ajustement, tan­dis que les inves­tis­seurs s’assurent des ren­de­ments conformes au marché.

La ques­tion n’est donc pas de savoir si le finan­ce­ment pri­vé doit faire par­tie de la solu­tion cli­ma­tique, car, compte tenu de l’ampleur des inves­tis­se­ments requis, il doit en faire par­tie, mais dans quelle mesure les États et les ins­ti­tu­tions inter­na­tio­nales sont prêts à remo­de­ler les règles qui le régissent. Le finan­ce­ment ESG doit être com­pris non pas comme un ins­tru­ment tech­nique neutre, mais comme un champ de contes­ta­tion poli­tique, où les condi­tions d’alignement entre le capi­tal et la jus­tice cli­ma­tique res­tent acti­ve­ment négo­ciées. Pour atteindre son plein poten­tial, il faut consi­dé­rer la régle­men­ta­tion publique, la concep­tion de la gou­ver­nance et les résul­tats des négo­cia­tions inter­na­tio­nales comme des élé­ments consti­tu­tifs de ce que la finance ESG peut et ne peut pas appor­ter, plu­tôt que comme des contraintes externes pesant sur un mar­ché qui, sans cela, serait capable de s’autoréguler.

1CCNUCC. La COP27 par­vient à un accord déci­sif sur un nou­veau fonds « pertes et dom­mages » pour les pays vul­né­rables. – 2022. – URL : https://​unfccc​.int/​n​e​w​s​/​c​o​p​2​7​-​r​e​a​c​h​e​s​-​b​r​e​a​k​t​h​r​o​u​g​h​-​a​g​r​e​e​m​e​n​t​-​o​n​-​n​e​w​-​l​o​s​s​-​a​n​d​-​d​a​m​a​g​e​-​f​u​n​d​-​f​o​r​-​v​u​l​n​e​r​a​b​l​e​-​c​o​u​n​tries.
2Inter­na­tio­nal Sus­tai­na­bi­li­ty Stan­dards Board (ISSB). IFRS S1 Exi­gences géné­rales rela­tives à la publi­ca­tion d’informations finan­cières liées au déve­lop­pe­ment durable ; IFRS S2 Infor­ma­tions liées au cli­mat. – Londres : Fon­da­tion IFRS, 2023.
3Les inéga­li­tés géo­gra­phiques du finan­ce­ment cli­ma­tique : injus­tice cli­ma­tique et dépen­dance dans le sys­tème mon­dial // Poli­ti­cal Geo­gra­phy. – 2023. – URL : https://​www​.scien​ce​di​rect​.com/​s​c​i​e​n​c​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​p​i​i​/​S​0​9​6​2​6​2​9​8​2​2​0​01834.
4Cli­mate Poli­cy Ini­tia­tive. Pano­ra­ma mon­dial du finan­ce­ment cli­ma­tique 2023. – URL : https://​www​.cli​ma​te​po​li​cyi​ni​tia​tive​.org/​p​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​/​g​l​o​b​a​l​-​l​a​n​d​s​c​a​p​e​-​o​f​-​c​l​i​m​a​t​e​-​f​i​n​a​n​c​e​-​2023/.
5Jus­tice dis­tri­bu­tive dans le finan­ce­ment mon­dial de la lutte contre le chan­ge­ment cli­ma­tique – Vul­né­ra­bi­li­té cli­ma­tique des béné­fi­ciaires et allo­ca­tion des fonds cli­ma­tiques // Glo­bal Envi­ron­men­tal Change. – 2022. – URL :https://​www​.scien​ce​di​rect​.com/​s​c​i​e​n​c​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​p​i​i​/​S​0​9​5​9​3​7​8​0​2​2​0​00139.
6LSE Gran­tham Research Ins­ti­tute. Ali­gner la finance sur l’Accord de Paris. – Londres : LSE, 2020. – URL : https://www.lse.ac.uk/granthaminstitute/wp-content/uploads/2020/12/Aligning-finance-with-the-Paris-Agreement‑3.pdf.
7Vers un sys­tème finan­cier juste sur le plan cli­ma­tique / Uni­ver­si­té SOAS de Londres. – Londres : Dépar­te­ment d’économie de la SOAS, 2023. – URL : https://www.soas.ac.uk/sites/default/files/2023–06/economics-wp259.pdf.
8CNUCED. Com­prendre l’article 2.1(c) : quel rôle pour le finan­ce­ment pri­vé dans la réa­li­sa­tion des objec­tifs cli­ma­tiques ? – Genève : CNUCED, 2023. – URL : https://​unc​tad​.org/​p​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​/​m​a​k​i​n​g​-​s​e​n​s​e​-​a​r​t​i​c​l​e​-​2​1​c​-​w​h​a​t​-​r​o​l​e​-​p​r​i​v​a​t​e​-​f​i​n​a​n​c​e​-​a​c​h​i​e​v​i​n​g​-​c​l​i​m​a​t​e​-​goals.
9New­Cli­mate Ins­ti­tute. Répa­rer la chaîne de gou­ver­nance défaillante : ali­gner le finan­ce­ment pri­vé sur l’Accord de Paris. – Ham­bourg : New­Cli­mate Ins­ti­tute, 2024. – URL : https://​new​cli​mate​.org/​r​e​s​o​u​r​c​e​s​/​p​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​s​/​f​i​x​i​n​g​-​t​h​e​-​b​r​o​k​e​n​-​g​o​v​e​r​n​a​n​c​e​-​c​h​a​i​n​-​a​l​i​g​n​i​n​g​-​p​r​i​v​a​t​e​-​f​i​n​a​n​c​e​-​w​i​t​h​-​t​h​e​-​paris.
10Le Ban­gla­desh reçoit un finan­ce­ment de 900 mil­lions de dol­lars de la Banque mon­diale pour amé­lio­rer la dura­bi­li­té envi­ron­ne­men­tale, la rési­lience urbaine et cli­ma­tique // Banque mon­diale. – 2024. – URL : https://​www​.world​bank​.org/​e​n​/​n​e​w​s​/​p​r​e​s​s​-​r​e​l​e​a​s​e​/​2​0​2​4​/​1​2​/​2​3​/​b​a​n​g​l​a​d​e​s​h​-​r​e​c​e​i​v​e​s​-​9​0​0​-​m​i​l​l​i​o​n​-​w​o​r​l​d​-​b​a​n​k​-​f​i​n​a​n​c​i​n​g​-​t​o​-​i​m​p​r​o​v​e​-​e​n​v​i​r​o​n​m​e​n​t​-​s​u​s​t​a​i​n​a​b​i​l​i​t​y​-​u​r​b​a​n​-​a​n​d​-​c​l​i​m​a​t​e​-​r​e​s​i​l​ience.
11Le Ban­gla­desh reçoit un finan­ce­ment de 1,16 mil­liard de dol­lars de la Banque mon­diale pour un déve­lop­pe­ment inclu­sif et rési­lient au chan­ge­ment cli­ma­tique // Banque mon­diale. – 2024. – URL : https://www.worldbank.org/en/news/press-release/2024/12/19/bangladesh-receives‑1–16-billion-world-bank-financing-for-inclusive-and-climate-resilient-development.
12Fin­Dev­Lab. Le che­min vers le défaut de paie­ment de la dette sou­ve­raine de la Zam­bie en 2020. – Lusa­ka : Ins­ti­tut zam­bien d’analyse et de recherche poli­tiques, 2023. – URL : https://​fin​dev​lab​.org/​t​h​e​-​r​o​a​d​-​t​o​-​z​a​m​b​i​a​s​-​2​0​2​0​-​s​o​v​e​r​e​i​g​n​-​d​e​b​t​-​d​e​f​ault/.
13ISS Afri­ca. Le redres­se­ment de la dette de la Zam­bie // Scé­na­rios futurs. – 2025. – URL : https://​futures​.issa​fri​ca​.org/​b​l​o​g​/​2​0​2​5​/​Z​a​m​b​i​a​s​-​d​e​b​t​-​t​u​r​n​a​round.
14Finan­ce­ment cli­ma­tique et jus­tice mon­diale // Cli­mate Poli­cy. – 2025. – URL :https://​www​.tand​fon​line​.com/​d​o​i​/​f​u​l​l​/​1​0​.​1​0​8​0​/​1​4​6​9​3​0​6​2​.​2​0​2​5​.​2​4​82104.

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