professeure d’économie politique internationale à la Hertie School
En bref
Les gouvernements s’appuient de plus en plus sur les entreprises privées, car celles-ci contrôlent des infrastructures, des technologies et des flux stratégiques.
Elles jouent un rôle central dans l’exercice du pouvoir étatique et se retrouvent inévitablement prises dans les tensions géopolitiques.
Aujourd'hui, les multinationales savent que les États peuvent les atteindre efficacement par le biais d'instruments juridiques et de sanctions financières.
On constate une prise de conscience accrue de la nécessité de surveiller et de réguler l’équilibre des pouvoirs entre les États et les entreprises.
directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS)
En bref
Le capitalisme de la finitude repose sur l’idée que le gâteau ne peut pas croître pour tout le monde.
Le FMI, dans ses Perspectives de l’économie mondiale soulignait que l'accroissement des barrières douanières et l’imprévisibilité des politiques commerciales étaient de nature à peser sur la croissance à court comme à long terme.
Dans les périodes de capitalisme de la finitude apparaissent de grands monopoles qui exercent à la fois des fonctions économiques et des prérogatives souveraines.
L’émergence de la Chine comme rival systémique et les ambitions impériales d’autres puissances rendent impossible le maintien du modèle des années 1990 et 2000.
Il devient très difficile de maintenir les niveaux actuels de consommation tout en évitant la destruction des écosystèmes.
professeur à l’University of California San Diego et codirecteur de l’Institute on Global Conflict and Cooperation
En bref
Les restrictions américaines sur les semi-conducteurs de pointe envers la Chine illustrent l'instrumentalisation géoéconomique des écosystèmes technologiques.
Ces évolutions ont fait émerger ce que plusieurs chercheurs qualifient de « politique de technosécurité ».
Les gouvernements cherchent à empêcher leurs concurrents de contrôler les intrants, infrastructures ou capacités de production critiques.
La Chine a mis en œuvre une « fusion civilo-militaire », recadrée depuis sous le concept d'« intégration stratégique nationale ».
Seuls les États-Unis et la Chine peuvent investir simultanément dans un large éventail de technologies émergentes, contrairement à la France ou au Royaume-Uni, contraints de cibler leurs avantages comparatifs.